Présidence d’Israël et présomption d’innocence.

Reuven Rivlin, Président d’Israël, a confié la tâche de former un gouvernement à l’élu qui, conformément à l’usage, a recueilli le plus de recommandations de la part des partis siégeant à la Knesset. Mais il a assorti son annonce d’un commentaire malveillant, déplacé et indigne de sa fonction: « ce n’est pas une décision facile pour moi sur une base à la fois morale et éthique », a-t-il indiqué.

Rivlin faisait allusion à son hostilité au député en question sous prétexte qu’il était poursuivi  par la justice. Prétexte, parce qu’il s’agit en réalité d’une animosité datant d’avant les démêlés judiciaires de ce rival. Pour mémoire, les onze juges de la Cour Suprême ayant examiné la question ont estimé à l’unanimité que rien ne s’opposait à l’exercice de la fonction de premier ministre par une personne inculpée mais pas condamnée.

C’est ainsi que le Président Rivlin, premier personnage de l’Etat, se permet de fouler aux pieds la présomption d’innocence. Peut-être a-t-il oublié que pour sa part il ne s’est pas gêné  naguère de fustiger l’institution judiciaire quand lui-même était sous investigation et qu’il estimait être malmené.

Au début des années 2000,  Rivlin faisait l’objet d’une série d’enquêtes, entre autres mettant en cause sa relation avec David Appel, entrepreneur en bâtiment et soutien du Likoud. La police soupçonnait Rivlin, alors avocat et homme politique influent, d’avoir reçu des « faveurs » de cet entrepreneur, qui par ailleurs avait déjà eu maille à partir avec la justice. Une décennie plus tard l’ami de Rivlin était condamné pour corruption dans le cadre d’une autre affaire.

Au bout de plusieurs années de procédure, les sept dossiers mettant Rivlin en cause furent classés sans suite, et ceci contre l’avis de la police qui recommandait pourtant de le traduire en justice sur base de l’un de ces dossiers. En apprenant l’heureux dénouement, Rivlin a néanmoins qualifié le système judiciaire de « pervers », et s’est plaint de ce que ni  lui ni ses proches ne se remettraient jamais du temps perdu. Il a notamment accusé la police de s’être contentée de l’interroger durant  onze heures, et d’avoir ensuite mis plus de trois ans à rendre publiques ses conclusions, ce qui a donné libre cours à une campagne médiatique entachée de fausses rumeurs.

« והמבין יבין  », dit-on en hébreu , ce qui en français donne à peu près « et celui qui comprend comprendra ».

 

8 réflexions sur « Présidence d’Israël et présomption d’innocence. »

  1. Bonne remarque sur de mauvais propos, tenus, qui plus est, par le premier personnage de l’Etat d’Israël ! On y voit, en plus, en filigrane, que cet Etat dispose d’un système démocratique sans concessions, et d’une justice implacable. C’est bien de dire tout cela, merci !

  2. Personnellement je me serais attache aux propos de Rivline sans mettre en cause son passe.
    Ou bien faut il a chacun de ses pas examiner quels sont les entecedents
    Chaque personnalité a le droit et le devoir de porter plusieurs chapeaux
    Meme le président.
    A moi il m’est clair que si un ministre accuse de malversations n’a pas le droit d’exercer ses fonctions a plus fortes raison un premier ministre.
    Netaniahou lui meme l’a prétendu lors des accusations a l’encontre de
    Heoud Olmer
    A ce moment personne n’a dit qu;il se trompait meme Daniel ou bien je m’en souvient pas
    J’aurais aime savoir qui de nous accepte une telle probabilite sans mourir de honte
    Michel

    1. Le Président n’est pas un citoyen comme un autre. Il n’a pas le droit de porter plusieurs chapeaux ni de se faire se faire le porte-parole d’une partie de l’opinion publique. Il s’agit en l’occurrence de déterminer s’il a le droit d’exprimer son opinion sur le bien-fondé du choix de la personne chargée de former le gouvernement. La réponse est non. Le Président n’a pas à soutenir tel ou tel courant politique, mais à s’incliner de manière inconditionnelle et respectueuse devant les recommandations des élus. La fonction présidentielle dans ce cas-là doit être d’une neutralité absolue, et le seul commentaire que le Président peut – et doit même – ajouter, consiste à souhaiter bonne chance à la personne désignée. Toute allusion aux états d’âme du Président est déplacée et contraire à l’essence de sa fonction. Il peut bien entendu arriver que le choix du formateur pose un problème de conscience au Président, mais alors la seule manière acceptable et digne d’exprimer son désaccord consiste à démissionner.

      1. Il faut que tu saches que Rivlin sait qu’il se trouve dans la position qu.il doit confier la direction du gouvernement a un gangster .
        Les faits sont que ce Gangster a dirige le gouvernement sans proposer de budget,sans réunion du.gouvernement hebdomadaire .sans nommé un chef de police sans ministre de la justice.
        Ce Gangster attaque régulièrement verbalement toutes les instances de la justice
        Que ce soit la haute cour de la justice que ce soit le secraitaire de la justice du gouvernement que lui même a nommé.Que ce soit l’avocate du gouvernement Lyat ben Ari
        .A mon avis il aurait dû s’opposer par tous les moyens pour l’empêcher de recevoir le droit de gouverner
        Je publierai sur ton site ma réponse
        Nous pouvons parler ensemble bientôt
        Amicalement
        Michel

        1. Je ne peux que répéter ma première réponse: si le Président a un problème de conscience à confier la formation du gouvernement à la personne qui a obtenu le plus de recommandations il peut exprimer son désaccord en démissionnant. Mais pour cela il faut du courage politique.

  3. 50% de la population en Israel,est un peu dégouter de la main mise de B. Netanyahou sur la machine d’état.Apparement Rivlin fait partie de ces 50%.Il s’est senti moralement résponsable d’émettre son avis.Et la éxprimée tout haut.C’est dans moins qu’un an que l’ont verras,si il a vu juste ou pas.Dans le cas il a vu juste,c’etais une remarque positive,et alors bravo pour cette vision.Dans le cas contraire .A ce moment il dois démissioner.

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