La Diaspora et la politique d’Israël

La « Loi du Retour » de l’Etat d’Israël garantit à tout Juif le droit d’immigrer en Israël à tout moment et de devenir citoyen à part entière sur simple demande. Un des amendements de cette loi stipule que « L’État déploiera des efforts pour garantir la sécurité des membres du Peuple Juif et de ses citoyens se trouvant en détresse ou emprisonnés en raison de leur Judéité ou de leur citoyenneté ».

Il y a quelques années, 400 Juifs britanniques ont envoyé une lettre ouverte à l’Ambassade d’Israël de Londres pour lui signifier qu’ils rejetaient à titre définitif tout recours à la « Loi du Retour ». Ils ont déclaré ne pas se sentir concernés par cette loi, ni concrètement ni symboliquement, ni pour eux-mêmes ni pour leurs descendants, ni maintenant ni plus tard. Ils ont donc le droit de critiquer Israël et même de lui être hostile en vertu de la liberté d’expression.

Quant aux Juifs à travers le monde qui estiment être partie prenante de la « Loi du Retour », concrètement ou symboliquement, pour eux-mêmes ou pour leurs descendants,  maintenant ou plus tard, ils ont une obligation de réserve envers Israël, qui s’engage de son côté à accueillir les Juifs de la Diaspora en temps de paix comme en temps de crise.

C’est ainsi que ces Juifs qui tiennent à  la « Loi du Retour », mais qui sont en même temps critiques par rapport à telle ou telle politique d’Israël, ils n’ont qu’un seul devoir :  celui de se taire.

 

16 réflexions sur « La Diaspora et la politique d’Israël »

  1. Je suis entièrement d’accord, bien sûr, et il me semble aussi que les Juifs qui se désolidarisent d’Israël devraient fermer ce qui leur sert de bouche bien plus encore. Et ne pas engager leur descendance dans leurs impasses.

    1. Moi je pense que pour avoir le droit de critiquer Israël, sa politique et ses politiciens il faut d’abord avoir profité de la loi du retour. Quant à ces 400 britanniques qui y ont renoncé pour eux-mêmes et pour leur descendance c’est à leurs enfants et petits-enfants de les juger et peut-être de le leur reprocher.

  2. Très juste.
    À ce propos, je signale un texte remarquable : La gauche, la droite, l’islamisme et l’antisionisme : entretien avec Georges-Elia Sarfati
    https://perditions-ideologiques.com/2021/05/21/la-gauche-la-droite-lislamisme-et-lantisionisme-entretien-avec-georges-elia-sarfati/

    On y trouvera, outre la genèse de ce mouvement issu de croisements improbables, la taxinomie de tous les antisionistes, européens bien sûr, Israéliens aussi, juifs ou non, intellectuels ou non.

  3. Bravo Daniel, c’est du (bleu/blanc) pur Bibiisme.

    Pour ne pas pinailler dans le vide, voici un lien pour consulter la « Loi du Retour » de 1950 ainsi que l’addendum de 2006: https://www.axl.cefan.ulaval.ca/asie/israel-loi-1950-2006.htm.
    Ou bien une recherche sur internet permettra à tous de savoir ce qui est inscrit.

    C’est quoi l’obligation de se taire. Un juif à l’étranger qui critique le gouvernement en place serait considéré comme un traitre qui met le « Peuple Juif » en danger?

    Ne crois-tu pas que ta courte note dépasse tes pensées? J

    Amicalement,

    Simon

    1. Quand je dis que les Juifs du monde ont le devoir de taire leurs critiques il s’agit bien entendu d’un devoir moral, parce que d’une part Israël est tenu d’appliquer la « Loi du Retour », alors que d’autre part le candidat à l’Alyah n’est tenu de rien. Ce déséquilibre suscite clairement une question éthique. C’est au nom de cela que la contrepartie de tout Juif qui se réserve le droit de recourir à la « Loi du Retour » consiste à faire preuve d’une solidarité inconditionnelle. Aucun Juif de la Diaspora n’a à expliquer aux Israéliens comment ils doivent vivre ou mourir en attendant qu’il veuille bien venir partager leur sort.

  4. La liberté d’expression est de toujours dans nos artères, surtout parmi le peuple juif.
    Quant à cette fameuse loi du retour, cette dernière en est une des constituantes de tout état de par le monde qui privilégie à tout citoyen de rentrer chez soi.
    A titre d’exemple, le Portugal et l’Espagne après près de 500 ans, sont prêts à accueillir tout juif originaire de ces pays, quoique alors ayant été chassés.
    La survie d’Israël réside très fortement de devoir accepter tout juif après deux mille ans d’exil.
    Il ne faut qu’espérer et souhaiter pour la prochaine décennie un très fort nombre de candidats à l’Aliyah.
    C’est un vœu qui fera pencher la balance démographique et ingurgitera à l’économie israélienne de bonnes doses d’essor et de progrès.
    Inchallah

  5. דניאל שלום
    אתה צודק ואני מסכים איתך
    יהודיים לא אזרחים ישראליים צריכים להתאפק
    דיינו עם המתנגדים המקומיים
    דניאל בוק

  6. Devoir dont sont hélas exonérés ceux qui ont fait la démarche du retour cqfd ci-dessus par notre cher mais peu humble serviteur DH 🙂

  7. Les Juifs n’ont pas compris qu’ils doivent vivre pour accomplir la mission que le Créateur leur a ordonné d’accomplir par la voix de Moshé.Ils ont cru que la protection accordée leur permettait de vivre sans se soucier en permanence de donner aux humains l’exemple de moralité inscrite sur les Tables . »Fais au prochain ce que tu voudrais pour toi même » .Aucun avertissement ne les a convaincus.Et ils n’ont pas manqué!!!Le genocide contemporain pas plus que toutes les persecutions chretiennes et islamiques.Et la haine planétaire aujourd’hui hurlée dans les rues ne les convainc pas que le retour à Jerusalem leur sauvera la vie.A condition qu’ils cessent par leurs incessantes querelles de ressembler à l’humanité dont les crimes ensanglantent toutes les « nations ».
    Puisse le Créateur intervenir en imposant l’ère messianique qui fera venir nos persecuteurs s’agenouiller en implorant notre pardon.

  8. M. Horowitz,
    Vous mettez en balance l’exsitence d’un droit au retour d’une part, et d’une obligation de réserve d’autre part.
    Est-ce que ma citoyenneté actuelle (française) m’interdit de penser ce que je veux (et peux) de mon gouvernement ? Est-ce qu’elle m’interdit ensuite de l’exprimer ? Non. Encore heureux. Ca porte un nom : démocratie.
    L’idée selon laquelle notre judéité nous interdirait d’exposer et partager une pensée critique en raison de notre situation extérieure à Israël me choque et me déçoit aussi, de votre part. Je vous vois faire la confusion (pire, l’amalgame) entre nation, état et gouvernement israélien. Quel dommage !
    Je ne souhaite pas abdiquer ma capacité à réfléchir et discuter / disputer mes idées, face à un gouvernement et une politique de long terme (26 ans) qui, si elle longtemps a mis à l’abri des attentats la population israélienne, n’a rien résolu sur le fond et a contribué à un déni de justice chronique et devenu injustifiable.
    Au plaisir de lire des chroniques pas trop longues mais plus construites.

    1. Quand je dis que les Juifs du monde ont le devoir de taire leurs critiques il s’agit bien entendu d’un devoir moral, parce que d’une part Israël est tenu d’appliquer la « Loi du Retour », alors que d’autre part le candidat à l’Alyah n’est tenu de rien. Ce déséquilibre suscite clairement une question éthique. C’est au nom de cela que la contrepartie de tout Juif qui se réserve le droit de recourir à la « Loi du Retour » consiste à faire preuve d’une solidarité inconditionnelle. Aucun Juif de la Diaspora n’a à expliquer aux Israéliens comment ils doivent vivre ou mourir en attendant qu’il veuille bien venir partager leur sort.

    2. Vous mélangez les catégories. Vous en tant que citoyen français avez des droits et des devoirs envers la France, et il y a donc entre l’Etat et vous un lien bidirectionnel. Dans le cas de la « Loi du Retour » il s’agit d’un engagement unidirectionnel vis-à-vis de la Diaspora. N’étant pas citoyen israélien vous n’avez en principe aucun droit vis-à-vis de l’Etat d’Israël, mais celui-ci s’engage néanmoins à vous accueillir à tout moment sur base de votre seule judéité. Si vous tenez à maintenir ce privilège, mais vous réservez en même temps le droit de critiquer (publiquement) la manière dont Israël s’y prend pour garder le pays en état de marche alors c’est possible, mais immoral. Ce qui ne le serait pas consisterait à renoncer à la « Loi du Retour », et critiquer ensuite Israël le plus légitimement du monde.

  9. Une pensée est-elle juste et vérifiable par son contraire ? Peut-on dire que tous ceux qui ne bénéficient pas de la loi du retour ont le droit morale et légitime de critiquer (publiquement) Israël ? Je parle de tous les non juifs qui s’en donnent à cœur joie en ce moment dans les rues de Paris et de NY etc. ? Et quand bien même cette pensée serait juste et intelligente, ce dont je doute, ne serait il pas plus constructif et intelligent en ce moment de réfléchir à la manière de faire taire cette flambée de critiques de l’extérieur et d’antisémitisme ? Penser pourrait servir à autre chose qu’à se masturber.

  10. Sujet trés délicat.Une personne écrit ou vas manifester a l’extérieur.Pour une cause qui le touche dans son for intérieur.Ex les massacres fait par les miliçes arabes contre les Kurdes.
    En principe personne ne peut interdire une critique.Le calcul intérieur est dans la pensée, dans sa senbilité .En général des écrits des dialogues peuvent influençer, un gouvernement,une assemblée,une population. Pour moi il n’y as aucun doute , que s’éxprimer reste une base de la démocratie.Rien a faire avec la loi du retour !

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