Sarah Halimi ou la justice post-moderne

Sarah Halimi est une femme juive de soixante-cinq ans décédée en avril 2017 après avoir été rouée de coups et défenestrée. L’assassin est son voisin Kobili Traoré, jeune multi-récidiviste 20 fois condamné pour violence aggravée ou autres méfaits, mais jamais considéré comme irresponsable.

La cour d’appel de Paris a néanmoins conclu à l’irresponsabilité pénale de Kobili Traoré. Il ne sera donc pas jugé et devrait sous peu être libéré de son internement en milieu psychiatrique, étant donné qu’il ne souffre de troubles mentaux que lorsqu’il est saisi de pulsions le poussant à casser du juif au nom de l’islam.

Comment cela est-il possible ?

La nouvelle épidémie qui sévit dans une certaine intelligentsia, une certaine presse et une certaine magistrature s’appelle la pensée postmoderne. C’est ainsi que cette vision du monde fait l’impasse sur la notion de libre arbitre. L’essence de l’individu au sens postmoderne n’est que le reflet de sa communauté, de sa culture et de son histoire. Il n’y a donc pas d’individus dans la postmodernité : il n’y a que des identités. Le pluralisme s’est transformé en principe d’égalité à tous crins, ce qui a pour conséquence que l’égalité « est devenue folle », comme dit Finkielkraut.

La décision de la cour d’appel de Paris revient à considérer Kobili Traoré comme un avatar de son identité. Il ne serait pas plus coupable d’être un assassin drogué antisémite et islamiste que Sarah Halimi n’est coupable d’être une paisible femme médecin juive. Il semble donc que pour certaines juridictions il est tout compte fait devenu moins important de rendre la justice que de rendre l’égalité.

Jean Daniel et le Coronavirus

Jean Daniel, fondateur du « Nouvel Observateur », écrivain, journaliste et intellectuel notoire, est décédé à l’âge de 99 ans. Ce bel esprit d’origine juive avait choisi de se distancier de sa judéité.  Comme beaucoup de Juifs honteux, la haine de soi l’avait rendu plus critique vis-à-vis d’Israël que du reste du monde. Au fil du temps cette détestation avait fini par infecter sa plume pour tout ce qui tournait autour du conflit israélo-arabe. Dans son ouvrage « La Prison Juive » il en arrive à conclure que les Juifs sont les artisans de leur propre malheur tellement ils sont captifs de leur délire messianique.

Jean Daniel n’est plus de ce monde, ce qui fait que l’on ne saura malheureusement jamais s’il estimait que le Coronavirus c’est la faute aux Juifs, aux Chinois ou aux cyclistes.

Zeev Sternhell ou le naufrage de la pensée

Zeev Sternhell est historien et professeur de science politique à l’Université Hébraïque de Jérusalem. « Le Monde »  a publié  un article de sa main intitulé « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts ».

Cette publication n’est pas une surprise, parce que c’est dans la logique d’une grande partie de la presse que d’être hostile à Israël. Celle-ci se régale de tout ce qui peut être nuisible à l’Etat juif et ne demande pas mieux que d’ouvrir ses colonnes à des Israéliens pour asseoir sa propagande antisioniste.

Dans son article Sternhell nous apprend que l’Etat d’Israël « est devenu un monstre pour les non-juifs sous sa domination » et fait un procès d’intention à la droite en posant que celle-ci réserve aux Palestiniens, aux Soudanais et aux Érythréens le même sort que les Nazis d’antan réservaient aux Juifs.

Il précise que beaucoup d’Israéliens ont honte de leurs élus tout en votant pour eux. On ne voit pas ce qui lui permet d’affirmer cela, mais on peut supposer que cet éminent intellectuel a l’autorité morale de considérer la majorité des Israéliens comme des crétins à rééduquer.

Sternhell et ses amis politiques ont peu d’audience en Israël, alors ils se déshonorent en s’exprimant dans des forums internationaux qui jubilent quand un Juif associe la démocratie israélienne au nazisme.

Sternhell mais n’a pas le droit moral de traiter Israël d’Etat « nazi », « d’Etat d’apartheid » ni de « monstre ». Cet historien, ce juif polonais qui a échappé aux vrais Nazis le sait mieux que quiconque. Ce qu’il écrit est un amalgame d’élucubrations de quelqu’un qui veut à tout prix exister. Il fait exprès de ne pas distinguer entre l’Etat d’Israël et une extrême-droite qui n’est ni pire ni meilleure que celle de Belgique ou de France. Par ailleurs il fait l’impasse sur l’extrême-gauche, qui elle constitue un véritable danger pour la démocratie en Israël comme ailleurs.

On ne peut accorder le moindre crédit à ce Juif qui pour obtenir une tribune dans « Le Monde » est prêt à traiter Israël de nazi. Non seulement est-ce insultant, mais c’est une manière de banaliser la Shoah. Si la vie quotidienne à Ramallah est comparable à celle d’Auschwitz cela rejoint le point de vue négationniste comme quoi la Shoah n’aurait pas été si grave que cela.

Nul besoin de Sternhell pour déterminer si Israël est une démocratie. Le danger du populisme existe dans beaucoup de pays occidentaux, à la différence près qu’Israël démontre la solidité de ses institutions malgré l’état de guerre. Pas sûr que la France ou la Belgique seraient encore des démocraties si ces pays avaient à faire face aux défis qu’Israël subit à ses frontières, ou si une puissance comme l’Iran les menaçait de destruction par le feu nucléaire.

Quand des intellectuels comme Sternhell alignent leurs positions sur celles d’Edwy Plenel, de Mélenchon ou de prédicateurs islamistes, quand ils contestent la légitimité  même d’Israël ce ne sont pas des adversaires politiques, mais des ennemis.

Yonatan Gefen ou l’art de faire parler de soi

Ahed Tamimi est une adolescente palestinienne qui a bousculé,  donné des coups de pied et giflé un militaire israélien en marge de l’effervescence produite par la décision du Président Trump de reconnaître Israël comme capitale d’Israël. Le militaire en question a gardé son sang-froid et n’a pas jugé utile de réagir, mais comme  la scène a été préméditée, filmée et publiée sur Facebook par la mère d’Ahed Tamimi, cela à entraîné son arrestation.

Yonatan Gefen est un auteur, poète, chanteur, journaliste et dramaturge israélien. Il a publié un poème où il chante la gloire d’Ahed Tamimi en disant que l’Histoire la retiendra au même titre que Hanna Senesh et à Anne Frank.

Pour mémoire, Chana Senesh est une poétesse juive formée par les britanniques en Palestine lors de la Deuxième Guerre Mondiale pour aider à sauver les Juifs d’Europe. Elle fut parachutée en 1944 en Yougoslavie et peu après arrêtée, torturée et fusillée.

Pour mémoire, Anne Frank est une adolescente juive assassinée en 1945 au camp de concentration de Bergen-Belsen. Elle est connue pour son journal intime où elle relate jour après jour le calvaire vécu par elle sa famille dans une cache d’Amsterdam avant  d’être déportée vers les camps d’extermination nazis.

Pour mémoire, et comme dit plus haut, Yonatan Gefen est un auteur, poète, chanteur, journaliste et dramaturge israélien. Mais pour compléter le portrait il faudrait maintenant ajouter que Yonatan Gefen est un crétin.

Alain Finkielkraut lâche Renaud Camus

Il faut savoir faire la distinction entre une œuvre et son auteur, que ce soit dans le domaine de l’art, de la littérature ou de la pensée. On peut prendre acte de la grandeur de Wagner dans la musique, de celle de Céline dans le roman ou de celle de Heidegger dans la philosophie tout en gardant à l’esprit la petitesse  morale de ces personnages.

Dans un ouvrage publié en 2000 l’écrivain Renaud Camus relevait ceci : « Les collaborateurs juifs de l’émission « Panorama » de France Culture exagèrent un peu tout de même : d’une part, ils sont à peu près quatre sur cinq à chaque émission, ou quatre sur six, ou cinq sur sept, ce qui, sur un poste national ou presque officiel constitue une nette surreprésentation d’un groupe ethnique ou religieux donné ; d’autre part, ils font en sorte que une émission par semaine au moins soit consacrée à la culture juive, à la religion juive, à des écrivains juifs, à l’État d’Israël et à sa politique, à la vie des juifs en France et de par le monde, aujourd’hui ou à travers les siècles. »

Ces mots déclenchèrent ce qu’on a fini par appeler « l’affaire Renaud Camus », tempête médiatique qui aboutit au retrait de l’ouvrage, après quoi celui-ci fut réédité avec des blancs en lieu et place de passages jugés antisémites.

Alain Finkielkraut prit la défense de Camus envers et contre tous, arguant que celui-ci n’avait somme toute qu’émis une opinion comme quoi le service public aurait failli à sa neutralité dans une de ses émissions radio. Il estimait par ailleurs que les détracteurs de Camus qui ne connaissaient pas son œuvre n’avaient pas qualité à le condamner sur base de quelques lignes sorties de leur contexte.

J’étais  adepte de Finkielkraut parce que je lui trouvais un air de prophète d’Israël avec sa manière désespérée de dépeindre l’avenir à la lumière du présent. Mais concernant « l’affaire Renaud Camus » sa position me laissa perplexe.  D’une part il m’était difficile d’admettre que Finkielkraut se trompe, mais d’autre part je ne pouvais faire l’impasse sur ce que me soufflait mon intuition.

Je me suis dit que là où Finkielkraut avait un point de vue, c’était qu’avant de se prononcer il fallait au moins lire Camus. J’ai donc lu « Campagne de France »« Du sens » et « Le Grand Remplacement ». Cela m’a permis de découvrir un écrivain majeur, mais j’ai appris du même coup ses fréquentations, son mini-parti politique et son appel à voter Front National, toutes choses qui n’ont fait que conforter mon idée qu’il s’agissait là d’un « antisémite de basse intensité ». Un antisémite de basse intensité c’est quelqu’un qui n’est pas obsédé par les Juifs, mais qui ne les aime pas parce que cela fait partie de sa culture.

Dernièrement Camus a twitté que  « le génocide des juifs était sans doute plus criminel mais paraît tout de même un peu petit bras auprès du remplacisme global ». Peut-être entend-il par là que le changement de civilisation qu’implique l’arrivée des migrants en Occident est un évènement plus important que la Shoah du point de vue historique.

Réaction de Finkielkraut : «  Je souffre de voir Renaud Camus s’égarer de cette manière. Il veut provoquer un sursaut, résultat, il provoque un haut-le-cœur, même chez les plus clairvoyants.  Renaud Camus appelle à la Résistance, c’est là que je me sépare radicalement de lui.»

Finkielkraut a donc fini par lâcher Camus, mais comment est-il possible qu’il l’ait défendu pendant si longtemps ? Il est vrai que le diagnostic de Camus sur la France d’aujourd’hui a beaucoup en commun avec la pensée de Finkielkraut, mais peut-on être de connivence avec un antisémite du simple fait que l’on partage certaines de ses idées ? C’est une vraie question.

Israël et la question de l’athéisme

La plupart des pères fondateurs du sionisme étaient athées, ou du moins agnostiques. Jabotinsky, Ben-Gourion Ahad Ha’am, Bialik et d’autres penseurs du sionisme étaient imprégnés de pensée juive mais aucun d’eux ne souhaitait de théocratie, et étaient même souvent même opposés à la religion, tout en étant férus de judaïsme. Herzl quant à lui était un Juif assimilé qui a même préconisé une conversion massive des Juifs sous les auspices du Vatican pour mettre fin à l’antisémitisme.

L’establishment rabbinique a pour sa part longtemps été essentiellement hostile au projet d’un Etat juif, et une partie non négligeable des Juifs orthodoxes d’aujourd’hui l’est d’ailleurs toujours, justement parce que ceux-là ne considèrent pas Israël comme un Etat juif au sens religieux du terme, ce en quoi ils n’ont pas tort. Mais d’une manière générale l’histoire du sionisme n’est pas un épisode religieux, mais bien le mouvement de libération nationale d’un peuple, comme il y en a eu d’autres au cours du vingtième siècle.

Beaucoup d’athées tiennent à Israël pour des raisons historiques, culturelles, familiales ou affectives. Il serait donc contre-nature pour eux de se détourner d’Israël ou de lui être indifférent du seul fait d’être athée.

Ceci dit la question de savoir si la pérennité d’Israël peut uniquement reposer sur l’idée de nation est une question ouverte, et dépasse d’ailleurs le cas d’Israël. Après tout les nations européennes sont de culture chrétienne mais leur spécificité repose sur des narratifs historiques, et non pas sur la religion.

Ce qui est vrai c’est que l’époque de l’Etat-nation est peut-être révolue parce que l’air du temps pousse plutôt à l’individualisme qu’au projet collectif. La question est de savoir si la pensée juive est assez puissante du point de vue spirituel pour survivre – ou remplacer – la religion qui lui est traditionnellement associée.

Rien n’est moins sûr, mais en fin de compte cela dépend des gens. S’il y en a suffisamment pour vouloir préserver un Etat à caractère juif, mais dissocié de la religion, alors c’est envisageable. Sinon Israël perdra son identité et ne sera, au mieux, qu’un Etat occidental parmi d’autres. Il se fondra dans ce cas-là dans le « village global » et la pensée juive rejoindra la mythologie grecque à l’Université et dans les musées. La religion juive en tant que telle survivra sans doute en Diaspora, mais cela ne concernera pas – par définition –  les athées.

La Cisjordanie, territoire disputé.

Petit rappel historique:

Après le refus arabes de 1948 de partager la Palestine, la Jordanie a annexé la Cisjordanie au mépris du droit international, et sans y créer un Etat palestinien. Par ailleurs la vieille ville de Jérusalem devait avoir un statut international mais elle aussi a été annexée et fermée à toute personne soupçonnée d’être juive quelle que soit sa nationalité.

En 1967 les Jordaniens ont tenté d’occuper le reste d’Israël et de jeter les Juifs à la mer (sic), croyant que Tsahal ne pourrait contenir à la fois les Egyptiens et les syriens avec lesquels la bataille faisait rage. La Guerre des Six-Jours n’est donc qu’une continuation de celle de 1948, ce qui explique que les frontières n’ont jamais été définies, les Arabes ne reconnaissant même pas à Israël le droit d’exister.

Concernant la Cisjordanie il n’y a donc aucune base juridique d’aucune sorte pour estimer que les colonies d’Israël sont illégales. Tout ce que l’on peut dire c’est qu’il y a une ligne d’armistice et qu’Israël reconnaît le droit des palestiniens à un Etat à condition d’en négocier les frontières. La Résolution 242 de l’ONU consécutive à la Guerre des Six-Jours ne mentionne d’ailleurs pas les Palestiniens en tant que nation, mais pose les principes suivants :

a. Retrait des forces armées israéliennes de(s?) territoires occupés au cours du récent conflit. 
b. Fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, à l’abri de menaces ou d’actes de violence. 

Inutile de dire que le point « a » est impossible a réaliser sans application du point « b ». Par ailleurs le retrait des forces armées d’Israël n’implique en rien que le « statu quo ante » constitue une frontière.

Le scandale Tariq Ramadan

Le scandale Tariq Ramadan n’est pas fait pour conforter l’image d’Edgar Morin, ce penseur juif qui a cessé de réfléchir par haine de soi. Il aurait été préférable que Ramadan tombe sur ses idées plutôt que sur son comportement avec les femmes.

Ce qui est agaçant c’est qu’il a fallu attendre ce scandale pour s’apercevoir que Ramadan était infréquentable. Un élémentaire bon sens aurait pourtant suffi pour trouver que Morin se fourvoyait en accordant du crédit à cet islamiste, compagnon de route du Hamas et petit-fils du fondateur des Frères Musulmans auquel il a consacré une thèse dithyrambique. Sans parler de sa chaire bidon, qui n’est autre qu’une excroissance en dollars du Qatar, cette belle démocratie, en plein milieu d’Oxford.

Morin expliquait cette semaine que Ramadan avait assuré à Madame Morin qu’il était toujours correct avec les femmes. Dont acte. C’est probablement sur base de cela que Morin a déduit que Ramadan devait aussi être correct avec les Juifs. Le problème c’est que Ramadan avait omis de mentionner que les femmes qui se maquillaient et qui n’étaient pas voilées devaient être considérées comme des putes, conformément à sa vision du monde. A chacun ses principes, mais quand bien même cela serait, je ne vois pas en quoi les putes n’auraient pas droit au même respect que n’importe quel autre être humain, mais c’est un autre débat.

Tariq Ramadan n’a peut-être jamais tué personne, mais c’était également le cas de nombreux prédicateurs nazis. Sa chute fait penser au Chicago d’antan: échappant à la justice en tant que gangster, Al Capone a fini par trébucher sur une minable fraude fiscale.

Socialisme et antisémitisme

Le Parti Travailliste britannique a récemment été secoué par la révélation que l’antisémitisme qui sévissait dans ses rangs était d’une ampleur insoupçonnée.

Une cinquante de militants ont été exclus pour leurs outrances anti-juives ou anti-israéliennes. Il est bien entendu tout à l’honneur du parti de s’être attaqué au mal, mais la question est de savoir s’il s’agit d’une dérive d’individus en mal de publicité, ou si la promotion de ce délire relève d’une ligne politique visant à ragaillardir une gauche déprimée.

Jeremy Corbyn, leader du Parti Travailliste, prétend être anti-sioniste et non pas antisémite, mais cette subtilité sémantique ne convainc pas grand-monde. Son amitié proclamée pour le Hezbollah ainsi que pour le Hamas, sa défense d’un vicaire banni par l’Eglise pour propagation de textes antisémites, le soutien à un négationniste notoire [1], l’invitation au Parlement d’un prédicateur islamiste [2]accusant les Juifs de fabriquer du pain azyme avec du sang d’enfants chrétiens, tout cela laisse peu de doutes sur les idées du socialiste Jeremy Corbyn.

Le Parti Travailliste britannique est travaillé en ce moment par un antisémitisme rabique. Naz Shah, députée, affirme que l’Etat d’Israël est comparable à l’Allemagne nazie, et que le Sionisme équivaut  à Al-Qaeda.

Ken Livingstone, ex-maire de Londres, nous apprend qu’Hitler était l’allié des Juifs. Khadim Hussain, maire de Bradford, propage la théorie comme quoi les Israéliens auraient créé Daesh pour forcer l’Occident à envahir le Moyen-Orient. Vicki Kirby, notable de Surrey, fait remarquer que « les Juifs ont de grands nez et massacrent les opprimés ».

Benazir Lasharie, conseillère municipale a Kensington, accuse Israël de financer l’Etat Islamique. Bob Campbell, militant de Middlesbrough, affiche sur Facebook l’image d’un rat affublé d’une étoile de David avec pour libellé « La Véritable Peste ».

Dave Rich, militant, fait circuler l’image d’un drapeau israélien frappé de la Swastika[3]. Gerry Downing, militant, se répand à propos de « la dérangeante question juive » et des sionistes qui dominent le monde. Aysegul Gurbuz, conseillère régionale, qualifie Hitler de « plus grand homme de l’Histoire ». Elle espère voir l’Iran «rayer Israël de la carte» et exprime son « dégoût » des « Juifs trop puissants ». Viki Kirbi, militante, appelle Hitler le « dieu des sionistes ».

Cette énumération n’est pas exhaustive mais donne une idée de ce qui se trame dans l’un des plus anciens, des plus prestigieux et des plus représentatifs des membres de l’Internationale Socialiste, organisation dont il n’est pas inutile de mentionner que le Fatah fait partie.

Mais qu’en est-il de la gauche en France ? L’extrême gauche n’a plus à faire ses preuves de ce point de vue-là parce que son instrumentalisation de l’antisémitisme comme procédé unificateur n’est pas un secret et a d’ailleurs démontré son efficacité en ralliant de nombreux islamistes animés par la seule haine des Juifs. Pierre-André Taguieff [4] note dans son ouvrage « Une France antijuive ? » que « dans les manifestations violentes dont l’orientation antijuive est avérée, on assiste au spectacle d’une collusion pratique entre islamistes de toutes obédiences et milieux d’extrême gauche comme le NPA, le Front de gauche, etc. ».

Concernant la gauche traditionnelle, Taguieff relève que des icônes de l’humanitarisme bien-pensante ont mis leur notoriété médiatique au service du national-islamisme du Hamas, sous couvert d’un « soutien à Gaza », c’est-à-dire à une dictature. Ces personnages publics se sont transformés dans les années 2000 en propagandistes anti-israéliens. Le plus célèbre d’entre eux, Stéphane Hessel, en est venu à hurler « Israël assassin ! » à Paris, début janvier 2009, au milieu d’une masse de manifestants pro-Hamas insultant et maudissant les Juifs et l’État juif, sans se sentir gêné d’un tel compagnonnage.

Edgar Morin[4], homme de gauche, philosophe et Juif honteux, admet dans son ouvrage « Autocritique » que le salut des Français lors de le Deuxième Guerre Mondiale lui semblait incompatible avec la survie des Juifs. Au cours de l’été 1940 il pensait que « mieux valait le salut de 40 millions de Français que celui de 500 000 Juifs. Il se disait « prêt a accepter l’immolation des Juifs si le salut des autres Français était à ce prix – si la fatalité de l’Histoire l’exigeait. »

La gauche, sociale-démocrate ou pas, extrême ou pas, pense peut-être que se servir de l’antisémitisme afin de galvaniser les masses populaires est un prix acceptable pour que triomphe le socialisme. Cette dérive de type staliniste semble toujours d’actualité pour cette mouvance pseudo-humaniste qui se cherche, mais qui ne se trouvant pas finit par lâcher les Juifs comme on lâche du lest d’un ballon en perdition pour retarder le moment où il va s’écraser.

[1] Ecrivain britannique, blogueur et activiste politique juif et antisémite.

[2] Raed Salah.

[3] Emblème nazi.

[4] Sociologue, politologue et historien français.

 

L’AFP ou la culture du mensonge

Il y a une semaine, par une belle soirée d’été, deux terroristes abattaient froidement de paisibles citadins venus prendre l’air sur des terrasses de café à Tel-Aviv. l’Agence France Presse (AFP), reprise par la quasi-totalité des médias français, relataient la tragédie  au moyen d’une dépêche que chacun qui s’intéresse au conflit israélo-palestinien devrait apprendre par cœur. Ce cas d’école de la propagande anti-israélienne est une fascinante illustration de la collaboration entre certains médias et les ennemis d’Israël. En voici la teneur:

Tel-Aviv : une fusillade près du QG de l’armée fait quatre morts.

Quatre personnes ont été tuées mercredi 8 juin dans une fusillade en face du ministère de la Défense et le QG de l’armée israélienne à Tel-Aviv. Deux hommes ont fait feu sur des terrasses de café, la police locale parlant d’une « attaque terroriste ».

En analysant ce texte mot à mot il est facile d’en discerner la malveillance. Ce tissu de contrevérités et de fabrications démontre sans aucun doute possible l’intention de l’AFP de nuire à Israël.

Une fusillade: Ce n’était pas une fusillade, mais une mise à mort délibérée de civils innocents. En qualifiant ce massacre de « fusillade » L’AFP escomptait  que le lecteur se le représente comme un tir croisé entre camps ennemis. En réalité il n’y a eu là nulle fusillade, mais bien des tueurs déterminés à massacrer un maximum de badauds à bout portant.

Près du QG de l’armée: Les menteurs de service de l’AFP caractérisaient l’incident comme acte de guerre en insinuant que c’était le QG l’Armée qui était visé. En fait ce QG n’avait rien à voir avec cette affaire, et les meurtriers ne s’y sont intéressés à aucun moment. Toutes les vidéos montrent que dès leur arrivée dans le secteur ils se sont dirigés d’un pas ferme vers les terrasses de café.

Quatre personnes ont été tuées. L’AFP voulait faire accroire que les victimes étaient des dommages collatéraux, puisque la dépêche dépeignait le bain de sang comme un affrontement entre palestiniens et la puissante armée israélienne.

 Deux hommes ont fait feu sur des terrasses de café: L’AFP voulait donner l’impression que cet épisode était un dénouement regrettable d’une bataille qui aurait débordé sur des civils alors que la cible initiale était militaire.

La police locale parlant d’une « attaque terroriste »: En mettant le vocable « attaque terroriste » entre guillemets l’AFP signalait qu’elle ne considérait pas cette information comme digne de foi. En réalité le Shabak (Services de Sécurité Intérieure) a immédiatement et formellement identifié les tireurs  comme étant des islamistes venus sur place avec pour seul objectif d’assassiner des Juifs.

En fait il se peut que l’AFP ne cherche peut-être que le bien d’Israël en nous faisant partager sa vision du conflit avec les palestiniens.  La moindre des choses est donc de lui rendre la politesse en lui expliquant comment mettre fin au terrorisme en France:  Il suffirait d’interdire aux femmes de voter, de lapider les homosexuels, de fermer les théâtres, de museler la presse, d’abroger la loi sur la laïcité et de laisser l’Iran exterminer Israël, et tout ira bien.