Zeev Sternhell ou le naufrage de la pensée

Zeev Sternhell est historien et professeur de science politique à l’Université Hébraïque de Jérusalem. « Le Monde »  a publié  un article de sa main intitulé « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts ».

Cette publication n’est pas une surprise, parce que c’est dans la logique d’une grande partie de la presse que d’être hostile à Israël. Celle-ci se régale de tout ce qui peut être nuisible à l’Etat juif et ne demande pas mieux que d’ouvrir ses colonnes à des Israéliens pour asseoir sa propagande antisioniste.

Dans son article Sternhell nous apprend que l’Etat d’Israël « est devenu un monstre pour les non-juifs sous sa domination » et fait un procès d’intention à la droite en posant que celle-ci réserve aux Palestiniens, aux Soudanais et aux Érythréens le même sort que les Nazis d’antan réservaient aux Juifs.

Il précise que beaucoup d’Israéliens ont honte de leurs élus tout en votant pour eux. On ne voit pas ce qui lui permet d’affirmer cela, mais on peut supposer que cet éminent intellectuel a l’autorité morale de considérer la majorité des Israéliens comme des crétins à rééduquer.

Sternhell et ses amis politiques ont peu d’audience en Israël, alors ils se déshonorent en s’exprimant dans des forums internationaux qui jubilent quand un Juif associe la démocratie israélienne au nazisme.

Sternhell mais n’a pas le droit moral de traiter Israël d’Etat « nazi », « d’Etat d’apartheid » ni de « monstre ». Cet historien, ce juif polonais qui a échappé aux vrais Nazis le sait mieux que quiconque. Ce qu’il écrit est un amalgame d’élucubrations de quelqu’un qui veut à tout prix exister. Il fait exprès de ne pas distinguer entre l’Etat d’Israël et une extrême-droite qui n’est ni pire ni meilleure que celle de Belgique ou de France. Par ailleurs il fait l’impasse sur l’extrême-gauche, qui elle constitue un véritable danger pour la démocratie en Israël comme ailleurs.

On ne peut accorder le moindre crédit à ce Juif qui pour obtenir une tribune dans « Le Monde » est prêt à traiter Israël de nazi. Non seulement est-ce insultant, mais c’est une manière de banaliser la Shoah. Si la vie quotidienne à Ramallah est comparable à celle d’Auschwitz cela rejoint le point de vue négationniste comme quoi la Shoah n’aurait pas été si grave que cela.

Nul besoin de Sternhell pour déterminer si Israël est une démocratie. Le danger du populisme existe dans beaucoup de pays occidentaux, à la différence près qu’Israël démontre la solidité de ses institutions malgré l’état de guerre. Pas sûr que la France ou la Belgique seraient encore des démocraties si ces pays avaient à faire face aux défis qu’Israël subit à ses frontières, ou si une puissance comme l’Iran les menaçait de destruction par le feu nucléaire.

Quand des intellectuels comme Sternhell alignent leurs positions sur celles d’Edwy Plenel, de Mélenchon ou de prédicateurs islamistes, quand ils contestent la légitimité  même d’Israël ce ne sont pas des adversaires politiques, mais des ennemis.

Yonatan Gefen ou l’art de faire parler de soi

Ahed Tamimi est une adolescente palestinienne qui a bousculé,  donné des coups de pied et giflé un militaire israélien en marge de l’effervescence produite par la décision du Président Trump de reconnaître Israël comme capitale d’Israël. Le militaire en question a gardé son sang-froid et n’a pas jugé utile de réagir, mais comme  la scène a été préméditée, filmée et publiée sur Facebook par la mère d’Ahed Tamimi, cela à entraîné son arrestation.

Yonatan Gefen est un auteur, poète, chanteur, journaliste et dramaturge israélien. Il a publié un poème où il chante la gloire d’Ahed Tamimi en disant que l’Histoire la retiendra au même titre que Hanna Senesh et à Anne Frank.

Pour mémoire, Chana Senesh est une poétesse juive formée par les britanniques en Palestine lors de la Deuxième Guerre Mondiale pour aider à sauver les Juifs d’Europe. Elle fut parachutée en 1944 en Yougoslavie et peu après arrêtée, torturée et fusillée.

Pour mémoire, Anne Frank est une adolescente juive assassinée en 1945 au camp de concentration de Bergen-Belsen. Elle est connue pour son journal intime où elle relate jour après jour le calvaire vécu par elle sa famille dans une cache d’Amsterdam avant  d’être déportée vers les camps d’extermination nazis.

Pour mémoire, et comme dit plus haut, Yonatan Gefen est un auteur, poète, chanteur, journaliste et dramaturge israélien. Mais pour compléter le portrait il faudrait maintenant ajouter que Yonatan Gefen est un crétin.

Alain Finkielkraut lâche Renaud Camus

Il faut savoir faire la distinction entre une œuvre et son auteur, que ce soit dans le domaine de l’art, de la littérature ou de la pensée. On peut prendre acte de la grandeur de Wagner dans la musique, de celle de Céline dans le roman ou de celle de Heidegger dans la philosophie tout en gardant à l’esprit la petitesse  morale de ces personnages.

Dans un ouvrage publié en 2000 l’écrivain Renaud Camus relevait ceci : « Les collaborateurs juifs de l’émission « Panorama » de France Culture exagèrent un peu tout de même : d’une part, ils sont à peu près quatre sur cinq à chaque émission, ou quatre sur six, ou cinq sur sept, ce qui, sur un poste national ou presque officiel constitue une nette surreprésentation d’un groupe ethnique ou religieux donné ; d’autre part, ils font en sorte que une émission par semaine au moins soit consacrée à la culture juive, à la religion juive, à des écrivains juifs, à l’État d’Israël et à sa politique, à la vie des juifs en France et de par le monde, aujourd’hui ou à travers les siècles. »

Ces mots déclenchèrent ce qu’on a fini par appeler « l’affaire Renaud Camus », tempête médiatique qui aboutit au retrait de l’ouvrage, après quoi celui-ci fut réédité avec des blancs en lieu et place de passages jugés antisémites.

Alain Finkielkraut prit la défense de Camus envers et contre tous, arguant que celui-ci n’avait somme toute qu’émis une opinion comme quoi le service public aurait failli à sa neutralité dans une de ses émissions radio. Il estimait par ailleurs que les détracteurs de Camus qui ne connaissaient pas son œuvre n’avaient pas qualité à le condamner sur base de quelques lignes sorties de leur contexte.

J’étais  adepte de Finkielkraut parce que je lui trouvais un air de prophète d’Israël avec sa manière désespérée de dépeindre l’avenir à la lumière du présent. Mais concernant « l’affaire Renaud Camus » sa position me laissa perplexe.  D’une part il m’était difficile d’admettre que Finkielkraut se trompe, mais d’autre part je ne pouvais faire l’impasse sur ce que me soufflait mon intuition.

Je me suis dit que là où Finkielkraut avait un point de vue, c’était qu’avant de se prononcer il fallait au moins lire Camus. J’ai donc lu « Campagne de France »« Du sens » et « Le Grand Remplacement ». Cela m’a permis de découvrir un écrivain majeur, mais j’ai appris du même coup ses fréquentations, son mini-parti politique et son appel à voter Front National, toutes choses qui n’ont fait que conforter mon idée qu’il s’agissait là d’un « antisémite de basse intensité ». Un antisémite de basse intensité c’est quelqu’un qui n’est pas obsédé par les Juifs, mais qui ne les aime pas parce que cela fait partie de sa culture.

Dernièrement Camus a twitté que  « le génocide des juifs était sans doute plus criminel mais paraît tout de même un peu petit bras auprès du remplacisme global ». Peut-être entend-il par là que le changement de civilisation qu’implique l’arrivée des migrants en Occident est un évènement plus important que la Shoah du point de vue historique.

Réaction de Finkielkraut : «  Je souffre de voir Renaud Camus s’égarer de cette manière. Il veut provoquer un sursaut, résultat, il provoque un haut-le-cœur, même chez les plus clairvoyants.  Renaud Camus appelle à la Résistance, c’est là que je me sépare radicalement de lui.»

Finkielkraut a donc fini par lâcher Camus, mais comment est-il possible qu’il l’ait défendu pendant si longtemps ? Il est vrai que le diagnostic de Camus sur la France d’aujourd’hui a beaucoup en commun avec la pensée de Finkielkraut, mais peut-on être de connivence avec un antisémite du simple fait que l’on partage certaines de ses idées ? C’est une vraie question.

Israël et la question de l’athéisme

La plupart des pères fondateurs du sionisme étaient athées, ou du moins agnostiques. Jabotinsky, Ben-Gourion Ahad Ha’am, Bialik et d’autres penseurs du sionisme étaient imprégnés de pensée juive mais aucun d’eux ne souhaitait de théocratie, et étaient même souvent même opposés à la religion, tout en étant férus de judaïsme. Herzl quant à lui était un Juif assimilé qui a même préconisé une conversion massive des Juifs sous les auspices du Vatican pour mettre fin à l’antisémitisme.

L’establishment rabbinique a pour sa part longtemps été essentiellement hostile au projet d’un Etat juif, et une partie non négligeable des Juifs orthodoxes d’aujourd’hui l’est d’ailleurs toujours, justement parce que ceux-là ne considèrent pas Israël comme un Etat juif au sens religieux du terme, ce en quoi ils n’ont pas tort. Mais d’une manière générale l’histoire du sionisme n’est pas un épisode religieux, mais bien le mouvement de libération nationale d’un peuple, comme il y en a eu d’autres au cours du vingtième siècle.

Beaucoup d’athées tiennent à Israël pour des raisons historiques, culturelles, familiales ou affectives. Il serait donc contre-nature pour eux de se détourner d’Israël ou de lui être indifférent du seul fait d’être athée.

Ceci dit la question de savoir si la pérennité d’Israël peut uniquement reposer sur l’idée de nation est une question ouverte, et dépasse d’ailleurs le cas d’Israël. Après tout les nations européennes sont de culture chrétienne mais leur spécificité repose sur des narratifs historiques, et non pas sur la religion.

Ce qui est vrai c’est que l’époque de l’Etat-nation est peut-être révolue parce que l’air du temps pousse plutôt à l’individualisme qu’au projet collectif. La question est de savoir si la pensée juive est assez puissante du point de vue spirituel pour survivre – ou remplacer – la religion qui lui est traditionnellement associée.

Rien n’est moins sûr, mais en fin de compte cela dépend des gens. S’il y en a suffisamment pour vouloir préserver un Etat à caractère juif, mais dissocié de la religion, alors c’est envisageable. Sinon Israël perdra son identité et ne sera, au mieux, qu’un Etat occidental parmi d’autres. Il se fondra dans ce cas-là dans le « village global » et la pensée juive rejoindra la mythologie grecque à l’Université et dans les musées. La religion juive en tant que telle survivra sans doute en Diaspora, mais cela ne concernera pas – par définition –  les athées.

La Cisjordanie, territoire disputé.

Petit rappel historique:

Après le refus arabes de 1948 de partager la Palestine, la Jordanie a annexé la Cisjordanie au mépris du droit international, et sans y créer un Etat palestinien. Par ailleurs la vieille ville de Jérusalem devait avoir un statut international mais elle aussi a été annexée et fermée à toute personne soupçonnée d’être juive quelle que soit sa nationalité.

En 1967 les Jordaniens ont tenté d’occuper le reste d’Israël et de jeter les Juifs à la mer (sic), croyant que Tsahal ne pourrait contenir à la fois les Egyptiens et les syriens avec lesquels la bataille faisait rage. La Guerre des Six-Jours n’est donc qu’une continuation de celle de 1948, ce qui explique que les frontières n’ont jamais été définies, les Arabes ne reconnaissant même pas à Israël le droit d’exister.

Concernant la Cisjordanie il n’y a donc aucune base juridique d’aucune sorte pour estimer que les colonies d’Israël sont illégales. Tout ce que l’on peut dire c’est qu’il y a une ligne d’armistice et qu’Israël reconnaît le droit des palestiniens à un Etat à condition d’en négocier les frontières. La Résolution 242 de l’ONU consécutive à la Guerre des Six-Jours ne mentionne d’ailleurs pas les Palestiniens en tant que nation, mais pose les principes suivants :

a. Retrait des forces armées israéliennes de(s?) territoires occupés au cours du récent conflit. 
b. Fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, à l’abri de menaces ou d’actes de violence. 

Inutile de dire que le point « a » est impossible a réaliser sans application du point « b ». Par ailleurs le retrait des forces armées d’Israël n’implique en rien que le « statu quo ante » constitue une frontière.

Le scandale Tariq Ramadan

Le scandale Tariq Ramadan n’est pas fait pour conforter l’image d’Edgar Morin, ce penseur juif qui a cessé de réfléchir par haine de soi. Il aurait été préférable que Ramadan tombe sur ses idées plutôt que sur son comportement avec les femmes.

Ce qui est agaçant c’est qu’il a fallu attendre ce scandale pour s’apercevoir que Ramadan était infréquentable. Un élémentaire bon sens aurait pourtant suffi pour trouver que Morin se fourvoyait en accordant du crédit à cet islamiste, compagnon de route du Hamas et petit-fils du fondateur des Frères Musulmans auquel il a consacré une thèse dithyrambique. Sans parler de sa chaire bidon, qui n’est autre qu’une excroissance en dollars du Qatar, cette belle démocratie, en plein milieu d’Oxford.

Morin expliquait cette semaine que Ramadan avait assuré à Madame Morin qu’il était toujours correct avec les femmes. Dont acte. C’est probablement sur base de cela que Morin a déduit que Ramadan devait aussi être correct avec les Juifs. Le problème c’est que Ramadan avait omis de mentionner que les femmes qui se maquillaient et qui n’étaient pas voilées devaient être considérées comme des putes, conformément à sa vision du monde. A chacun ses principes, mais quand bien même cela serait, je ne vois pas en quoi les putes n’auraient pas droit au même respect que n’importe quel autre être humain, mais c’est un autre débat.

Tariq Ramadan n’a peut-être jamais tué personne, mais c’était également le cas de nombreux prédicateurs nazis. Sa chute fait penser au Chicago d’antan: échappant à la justice en tant que gangster, Al Capone a fini par trébucher sur une minable fraude fiscale.

Socialisme et antisémitisme

Le Parti Travailliste britannique a récemment été secoué par la révélation que l’antisémitisme qui sévissait dans ses rangs était d’une ampleur insoupçonnée.

Une cinquante de militants ont été exclus pour leurs outrances anti-juives ou anti-israéliennes. Il est bien entendu tout à l’honneur du parti de s’être attaqué au mal, mais la question est de savoir s’il s’agit d’une dérive d’individus en mal de publicité, ou si la promotion de ce délire relève d’une ligne politique visant à ragaillardir une gauche déprimée.

Jeremy Corbyn, leader du Parti Travailliste, prétend être anti-sioniste et non pas antisémite, mais cette subtilité sémantique ne convainc pas grand-monde. Son amitié proclamée pour le Hezbollah ainsi que pour le Hamas, sa défense d’un vicaire banni par l’Eglise pour propagation de textes antisémites, le soutien à un négationniste notoire [1], l’invitation au Parlement d’un prédicateur islamiste [2]accusant les Juifs de fabriquer du pain azyme avec du sang d’enfants chrétiens, tout cela laisse peu de doutes sur les idées du socialiste Jeremy Corbyn.

Le Parti Travailliste britannique est travaillé en ce moment par un antisémitisme rabique. Naz Shah, députée, affirme que l’Etat d’Israël est comparable à l’Allemagne nazie, et que le Sionisme équivaut  à Al-Qaeda.

Ken Livingstone, ex-maire de Londres, nous apprend qu’Hitler était l’allié des Juifs. Khadim Hussain, maire de Bradford, propage la théorie comme quoi les Israéliens auraient créé Daesh pour forcer l’Occident à envahir le Moyen-Orient. Vicki Kirby, notable de Surrey, fait remarquer que « les Juifs ont de grands nez et massacrent les opprimés ».

Benazir Lasharie, conseillère municipale a Kensington, accuse Israël de financer l’Etat Islamique. Bob Campbell, militant de Middlesbrough, affiche sur Facebook l’image d’un rat affublé d’une étoile de David avec pour libellé « La Véritable Peste ».

Dave Rich, militant, fait circuler l’image d’un drapeau israélien frappé de la Swastika[3]. Gerry Downing, militant, se répand à propos de « la dérangeante question juive » et des sionistes qui dominent le monde. Aysegul Gurbuz, conseillère régionale, qualifie Hitler de « plus grand homme de l’Histoire ». Elle espère voir l’Iran «rayer Israël de la carte» et exprime son « dégoût » des « Juifs trop puissants ». Viki Kirbi, militante, appelle Hitler le « dieu des sionistes ».

Cette énumération n’est pas exhaustive mais donne une idée de ce qui se trame dans l’un des plus anciens, des plus prestigieux et des plus représentatifs des membres de l’Internationale Socialiste, organisation dont il n’est pas inutile de mentionner que le Fatah fait partie.

Mais qu’en est-il de la gauche en France ? L’extrême gauche n’a plus à faire ses preuves de ce point de vue-là parce que son instrumentalisation de l’antisémitisme comme procédé unificateur n’est pas un secret et a d’ailleurs démontré son efficacité en ralliant de nombreux islamistes animés par la seule haine des Juifs. Pierre-André Taguieff [4] note dans son ouvrage « Une France antijuive ? » que « dans les manifestations violentes dont l’orientation antijuive est avérée, on assiste au spectacle d’une collusion pratique entre islamistes de toutes obédiences et milieux d’extrême gauche comme le NPA, le Front de gauche, etc. ».

Concernant la gauche traditionnelle, Taguieff relève que des icônes de l’humanitarisme bien-pensante ont mis leur notoriété médiatique au service du national-islamisme du Hamas, sous couvert d’un « soutien à Gaza », c’est-à-dire à une dictature. Ces personnages publics se sont transformés dans les années 2000 en propagandistes anti-israéliens. Le plus célèbre d’entre eux, Stéphane Hessel, en est venu à hurler « Israël assassin ! » à Paris, début janvier 2009, au milieu d’une masse de manifestants pro-Hamas insultant et maudissant les Juifs et l’État juif, sans se sentir gêné d’un tel compagnonnage.

Edgar Morin[4], homme de gauche, philosophe et Juif honteux, admet dans son ouvrage « Autocritique » que le salut des Français lors de le Deuxième Guerre Mondiale lui semblait incompatible avec la survie des Juifs. Au cours de l’été 1940 il pensait que « mieux valait le salut de 40 millions de Français que celui de 500 000 Juifs. Il se disait « prêt a accepter l’immolation des Juifs si le salut des autres Français était à ce prix – si la fatalité de l’Histoire l’exigeait. »

La gauche, sociale-démocrate ou pas, extrême ou pas, pense peut-être que se servir de l’antisémitisme afin de galvaniser les masses populaires est un prix acceptable pour que triomphe le socialisme. Cette dérive de type staliniste semble toujours d’actualité pour cette mouvance pseudo-humaniste qui se cherche, mais qui ne se trouvant pas finit par lâcher les Juifs comme on lâche du lest d’un ballon en perdition pour retarder le moment où il va s’écraser.

[1] Ecrivain britannique, blogueur et activiste politique juif et antisémite.

[2] Raed Salah.

[3] Emblème nazi.

[4] Sociologue, politologue et historien français.

 

L’AFP ou la culture du mensonge

Il y a une semaine, par une belle soirée d’été, deux terroristes abattaient froidement de paisibles citadins venus prendre l’air sur des terrasses de café à Tel-Aviv. l’Agence France Presse (AFP), reprise par la quasi-totalité des médias français, relataient la tragédie  au moyen d’une dépêche que chacun qui s’intéresse au conflit israélo-palestinien devrait apprendre par cœur. Ce cas d’école de la propagande anti-israélienne est une fascinante illustration de la collaboration entre certains médias et les ennemis d’Israël. En voici la teneur:

Tel-Aviv : une fusillade près du QG de l’armée fait quatre morts.

Quatre personnes ont été tuées mercredi 8 juin dans une fusillade en face du ministère de la Défense et le QG de l’armée israélienne à Tel-Aviv. Deux hommes ont fait feu sur des terrasses de café, la police locale parlant d’une « attaque terroriste ».

En analysant ce texte mot à mot il est facile d’en discerner la malveillance. Ce tissu de contrevérités et de fabrications démontre sans aucun doute possible l’intention de l’AFP de nuire à Israël.

Une fusillade: Ce n’était pas une fusillade, mais une mise à mort délibérée de civils innocents. En qualifiant ce massacre de « fusillade » L’AFP escomptait  que le lecteur se le représente comme un tir croisé entre camps ennemis. En réalité il n’y a eu là nulle fusillade, mais bien des tueurs déterminés à massacrer un maximum de badauds à bout portant.

Près du QG de l’armée: Les menteurs de service de l’AFP caractérisaient l’incident comme acte de guerre en insinuant que c’était le QG l’Armée qui était visé. En fait ce QG n’avait rien à voir avec cette affaire, et les meurtriers ne s’y sont intéressés à aucun moment. Toutes les vidéos montrent que dès leur arrivée dans le secteur ils se sont dirigés d’un pas ferme vers les terrasses de café.

Quatre personnes ont été tuées. L’AFP voulait faire accroire que les victimes étaient des dommages collatéraux, puisque la dépêche dépeignait le bain de sang comme un affrontement entre palestiniens et la puissante armée israélienne.

 Deux hommes ont fait feu sur des terrasses de café: L’AFP voulait donner l’impression que cet épisode était un dénouement regrettable d’une bataille qui aurait débordé sur des civils alors que la cible initiale était militaire.

La police locale parlant d’une « attaque terroriste »: En mettant le vocable « attaque terroriste » entre guillemets l’AFP signalait qu’elle ne considérait pas cette information comme digne de foi. En réalité le Shabak (Services de Sécurité Intérieure) a immédiatement et formellement identifié les tireurs  comme étant des islamistes venus sur place avec pour seul objectif d’assassiner des Juifs.

En fait il se peut que l’AFP ne cherche peut-être que le bien d’Israël en nous faisant partager sa vision du conflit avec les palestiniens.  La moindre des choses est donc de lui rendre la politesse en lui expliquant comment mettre fin au terrorisme en France:  Il suffirait d’interdire aux femmes de voter, de lapider les homosexuels, de fermer les théâtres, de museler la presse, d’abroger la loi sur la laïcité et de laisser l’Iran exterminer Israël, et tout ira bien.

Gaza et Molenbeek, même combat.

Le monde découvre avec stupeur l’existence de Molenbeek, cette obscure commune de l’agglomération bruxelloise devenue sanctuaire islamiste et repaire d’assassins. Il est vrai qu’après les attentats de Paris les autorités belges sont intervenues de manière musclée, mais le rôle des forces de l’ordre est comparable à celui des pompiers: on les appelle généralement quand l’incendie s’est déjà déclaré, c’est-à-dire trop tard.

Dans un société démocratique, prévenir le terrorisme consiste à ne pas transiger sur certains principes. De ce point de vue l’Europe a failli en fermant les yeux sur l’islamisme, dont les objectifs sont pourtant clairs. Penser que Paris pouvait échapper à cette calamité est d’un coupable aveuglement.

Tous les musulmans ne sont pas islamistes, mais il n’en est pas moins vrai que tous les islamistes vivent comme des poissons dans l’eau parmi les musulmans. Il y a une espèce d’omerta qui tétanise ces populations, dont on ne distingue pas bien si elle repose sur une adhésion tacite, une complaisance criminelle ou une terreur indicible.

Il y a une sorte de schizophrénie en Europe à ne pas admettre que les forces islamistes qui appellent à liquider Israël sont les mêmes que celles qui mettent des salles de spectacles et des restaurants à feu et à sang à Paris.

Le grand public a pu croire que les attentats visant l’Hyper Casher ou Charlie-Hebdo signalaient ce qu’il fallait ne pas être pour se sentir en sécurité en France. Le grand public a pu le croire, mais les autorités sont impardonnables de l’avoir cru. Certains ont même cru bon de suggérer que ne plus porter de kippa et ne plus s’en prendre au Prophète rétablirait le calme. Ces jours-ci le gouvernement belge a même franchi un nouveau pallier: ne plus aller au cinéma, ni aux compétitions sportives, ni à l’école. Pour le moment il semble encore permis de respirer, mais allez savoir ce que les politiciens vont encore trouver avant d’aller à l’essentiel.

Nous savons depuis la Shoah que l’antisémitisme est le plus sûr indice d’une société qui perd ses repères. Aujourd’hui c’est l’antisionisme – avatar de l’antisémitisme – qui joue ce rôle. Le parti-pris antisioniste d’une majorité d’intellectuels et de journalistes en Europe est inquiétant non seulement pour Israël, mais pour le monde libre lui-même. Faire une différence entre le Hezbollah, le Hamas et l’Iran d’une part, et Daesh et Al Qaeda d’autre part n’a aucun sens, parce que l’islamisme est une idéologie qui n’a ni feu ni lieu. Son ennemi est le genre humain tout entier, ce qui inclut les terroristes eux-mêmes, qui considèrent la mort – celle des autres comme la leur – comme valeur suprême.

Si l’Europe ne prend pas la mesure de ce fléau, les choses n’en resteront pas là, parce que les Djihadistes ne savent que trop bien avec quelle facilité ils peuvent opérer dans un Etat de droit. C’est pour cela qu’il y va de l’intérêt de l’Europe que de soutenir l’Etat d’Israël et de cesser de le stigmatiser avec des directives bêtes et méchantes comme l’étiquetage de produits de Cisjordanie. Il n’est pas anodin de noter que les  responsables politiques français ont voté cette ignominie qui a englouti des fortunes en commissions spéciales et en consultants, alors qu’au même moment des Djihadistes s’apprêtaient à exterminer des Parisiens à la Kalachnikov.

Ces mêmes Djihadistes qui de Tel Aviv à Paris sèment la mort partout où il y a des vivants; qui non seulement prônent que la fin justifie les moyens, mais que les moyens sont en eux-mêmes une fin; qu’il s’agit moins pour eux de s’emparer du monde que de le quitter avec éclat; que le paradis au ciel vaut bien l’enfer sur terre.

l’Europe a le devoir de soutenir cette minuscule démocratie qu’est l’Etat d’Israël confronté à une guerre dont l’Europe n’entend que les bruits de bottes mais qui deviennent de plus en plus audibles. A bon entendeur salut.

Israël et Europe, même combat.

Netanyahu and the Grand Mufti

A media storm has stricken the Prime Minister of Israel Benjamin Netanyahu following his statements at the Zionist Congress gathering in Jerusalem. Netanyahu said that « Hitler had no intention of exterminating the Jews at that time.[1] He wanted to expel them. The Grand Mufti of Jerusalem[2] went to meet Hitler in order to tell him « If you expel the Jews, they will all go there [to Palestine].” Hitler asked him « then what should I do with them ? » “burn them,” replied the Grand Mufti.

Journalists, chroniclers, intellectuals and historians of various horizons became plagued by a collective hysteria. Netanyahu was accused of ignorance, Holocaust denial, inciting hatred, clearing the Nazis and political opportunism. Even the German Chancellor felt she had to emphasize that the Germans were indeed responsible for the Holocaust. Almost no one bothered to actually focus on Netanyahu’s statements with discernment or to verify them, even though his sources are freely available.

Mohammed Amin al-Husseini was Grand Mufti of Jerusalem from 1921 until the proclamation of the State of Israel in 1948. Close to the Muslim Brotherhood, he did not only favor the liquidation of the Palestinian Jews, but also to that of Jews worldwide. He is one of the spiritual fathers of the radical Islam of our times, which calls for the eradication of Israel and the extermination of Jews wherever they may be. Mohammed Amin al-Husseini is nevertheless worshipped by the Palestinians as a national hero and remains a reference on religious matters.

Not surprisingly was the Grand Mufti impressed by the Nazis when they came to power in 1933, so much so that he became the greatest collaborator in the Arab world.[3] As a reward he was consecrated « Honorary Aryan » and swore allegiance to Hitler, declaring « the Arab nations are convinced that Germany will win the war. They are Germany’s natural allies because they have common enemies, namely the British, the Jews and the communists. Therefore they are wholeheartedly prepared to cooperate with Germany and join them in the war, namely by forming an Arab legion. » He fulfilled this promise by creating an Arab section of the Waffen SS.[4]

The philosopher Hannah Arendt recalls that during Eichmann’s trial[5] « the Grand Mufti’s connections with the Nazis were public knowledge since he was expecting them to help him implement a variation of the Final Solution in the Middle East. »[6]

After the war the Grand Mufti took refuge in Paris under the complacent eye of the local authorities, even though he was wanted by Great Britain and Yugoslavia as a war criminal. France refused to extradite him by fear of the Arab world, and ended up by letting him escape with the complicity of the Foreign Ministry[7] which provided him a false passport.

Dieter Wisliceny, one of Eichmann’s aides, testified at the Nuremberg trials that « The Grand Mufti had suggested exterminating the Jewish people to Hitler, Ribbentrop, and Himmler on many occasions because he considered this was the best way to solve the Palestinian problem.”[8] Numerous comments aired by the Grand Mufti from his exile in Germany reveals his support for the Final Solution.[9] In his radio broadcasts aimed at the Arab world he incited them to « kill the Jews wherever they are, because that is God’s will. »

There is no doubt that when the Nazis came to power they firmly intended to get rid of the Jews. However It may well be that they never thought through where this could lead a decade later. They were convinced at the time that by making life impossible for the Jews these would end up leaving, as they had done during their expulsion from Spain five centuries earlier.

The 1935 Nuremberg racial laws brought about a general boycott on Jews, their dismissal from civil service, disbarment of lawyers, exclusion of doctors, banning of artists, firing of journalists, a ban from health resorts, cinemas, libraries and public transport, not to forget random pogroms.

During this period, Eichmann was instructed to take Zionism on board as a means to promote emigration of the Jews to Palestine. He contacted Zionist circles in order to speed up the process, and in 1937 he traveled to Palestine to inquiry about the issue, after which he undertook to intensify the emigration. His achievements were highly praised by his superiors, and his methods were seen as a model for handling Jewish affairs. He was entrusted with organizing compulsory emigration through a mixture of terror and chicanery.[10]

The « Haavara » was an agreement finalized in 1933 between the Nazi regime and the Zionist Federation of Germany. It consisted in facilitating transfer of Jewish property to Palestine in order to encourage Jews to settle over there. From the Nazi point of view this was a smooth way to rid Germany of the Jews. Werner Otto Von Hentig, a high-level official in charge of Palestinian affairs strongly supported the creation of a Jewish state in Palestine. More than 50.000 Jews managed to emigrate based on this agreement, which remained in force until 1942, the year of the Wannsee Conference.

In 1938, Eichmann drafted a memorandum to support Jewish emigration outside Europe[11] and was instructed to coordinate the deportation of four million people to Madagascar. He created a dossier outlining the transportation of one million Jews per year. The plan would deprive them from their belongings in order to finance the logistics, after which they would be forced to emigrate. The SS would be in charge of deporting the Jews to the island and administrating it. However Madagascar was then under British control, and since the Germans never managed to drive them out, this plan was never enacted.

Eichmann continued to support emigration by other means, and worked with Zionist smugglers in order to drive Jews to Palestine. Furthermore the Nazis also envisioned expelling Jews to Russia once the Red Army would be defeated.[12]

The Grand Mufti’s meeting with Hitler was driven by his concern regarding the consequences of a possible expulsion of the Jews from the Reich, many of whom were likely to end up in Palestine, thus strengthening the Yishuv.[13]

However this prospect was no longer an option in 1941 because the British had barred the Jews to immigrate in Palestine by means of the White Paper[14]. As no other country was prepared to welcome Jews anyway, the Nazis concluded that the only remaining solution, which had to be final, consisted in systematically and industrially exterminate them.

Netanyahu rightly pointed out that at the time of the meeting between the Grand Mufti and Hitler the Nazis were still expelling Jews, although it is true that random killings of civilians had already begun wherever the Nazis took control.

What Netanyahu wanted to highlight was that the Grand Mufti and Hitler had theorized their anti-Semitic psychosis long before the Holocaust, but that the Grand Mufti was the first to envision a genocide as early as in the 1920’s with regard to the Jewish presence in Palestine. Netanyahu never stated the Grand Mufti gave Hitler the idea of the Final Solution, but rather that he played an important role by campaigning relentlessly against Jewish emigration from Germany.

Finally, Netanyahu wanted to portray the implacable nature of the fascist, Nazi, and anti-Semitic ideology incarnated by the Grand Mufti, who is at the heart of the current Intifada of the Knives.

[1]« That time » refers to the meeting between the Grand Mufti and Hitler in 1941. Most commentators seem to have ignored this point. Without this Netanyahu’s sentence would have had a quite meaning.

[2] A mufti is a Muslim cleric who has the authority to issue fatwas. In each state of the Ottoman Empire, the Grand Mufti was the supreme religious authority in the country.

[3] Study by Matthias Küntzel published in the Jewish Political Studies Review

[4] A Nazi paramilitary and police organization

[5] A Nazi war criminal responsible for the logistics of the Final Solution

[6] Eichmann in Jerusalem : Report on the Banality of Evil by Hannah Arendt

[7] Tsilla Hershco: « The History of an Escape [archive] », Controverses, n°1, March 2006.

[8] Zvi Elpeleg, Hamufti Hagado 1989, pp. 74,75

[9] Zvi Elpeleg, Through the Eyes of the Mufti: The Essays of Haj Amin

[10] David Cesarini(September 5, 2013). Adolf Eichmann

[11]David Cesarini(September 5, 2013). Adolf Eichmann.

[12]                 David Cesarini(September 5, 2013). Adolf Eichmann.

[13]                 The term Yishuv refers to the Jewish community in Palestine before the creation of the state of Israel.

[14]                 In May 1939, when the Jews were being persecuted by the Third Reich, the British reduced their access to Palestine by draconian measures.

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