L’âme des peuples

Bien que né en Suisse eu égard aux aléas de la Seconde Guerre Mondiale, ma jeunesse  et l’essentiel de ma vie adulte s’est déroulée en Belgique, à Anvers. Mes parents étaient polonais, mais s’exprimaient en yiddish. J’ai été scolarisé en flamand, mais la communauté juive était francophone.

Je ne me suis jamais identifié comme Suisse, Polonais ou Flamand, mais comme Juif. Il n’empêche que je me considérais comme citoyen belge à part entière, et que je ne voyais aucune incompatibilité entre cette citoyenneté et mon appartenance au peuple juif.

Il y avait parmi la population un antijudaïsme endémique, mais l’Etat lui-même n’était pas antisémite, et était même plutôt bienveillant envers la communauté juive. Celle-ci en tous cas était reconnaissante de vivre dans un Etat de droit, bien que constituant un peuple dans le peuple. En effet, il n’est pas anodin de relever que les cérémonies officielles des institutions juives d’Anvers se clôturaient non seulement par l’hymne national belge, mais aussi par l’hymne national israélien.

L’école juive que je fréquentais appliquait le programme d’Etat avec rigueur, mais nous avions en plus de cela deux heures quotidiennes d’hébreu, de judaïsme et de sionisme. Mais, bizarrement, personne parmi les parents d’élèves ou les élèves eux-mêmes ne trouva jamais anormal que l’on nous enseignât que nos ancêtres étaient des Gaulois.  Nous étions même plutôt fiers d’apprendre  que Jules César considérait que « de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves »[1].

Je n’ai jamais été politisé, mais au fur et à mesure de la construction de l’Europe, je trouvais qu’en plus d’être juif il était légitime que je m’identifie aussi comme Européen.  Lors de la Seconde Guerre Mondiale, Hannah Arendt elle-même avait promu l’idée d’une nation juive à intégrer au sein d’une future Europe Fédérale qu’elle appelait de ses vœux. Elle pensait qu’après la Guerre  « les Juifs devraient y être reconnus en tant que nation, et représentés en tant que tels au Parlement européen[2].

Je savais pour ma part que l’Europe n’était pas une nation, mais j’étais en faveur d’une intégration des peuples qui la constituaient, qui finiraient par former une entité qui s’appellerait les « Etats-Unis d’ Europe », à l’image des Etats-Unis d’Amérique. En plus des atouts économiques qu’un tel projet ne manquerait pas de susciter,  je pensais que l’interdépendance de peuples qui s’étaient combattus pendant si longtemps rendrait désormais la guerre impensable.

Je considérais les eurosceptiques comme réactionnaires et archaïques, et j’ai été choqué le jour où les Britanniques sont sortis de l’Union Européenne. J’y voyais un craquement dans cette Europe occidentale pacifiée et prospère. Je pensais par ailleurs qu’une Europe politique était compatible avec des particularismes régionaux, et qu’il n’y avait pas de mal à ce que ces nations du vieux continent cèdent une part de leur souveraineté à un pouvoir central. Je savais que le chemin serait long, mais je pensais que cela correspondait au bien commun.

Mais à l’âge de la retraite, après avoir fait mon Alyah, ma perspective concernant l’avenir de l’Europe à changé.  Quand j’ai pris conscience qu’en Israël ma citoyenneté et mon identité se confondaient, j’ai compris du même coup ceux qui voient dans l’Union Européenne un piège pour l’âme des peuples qui la constituent.

Par association d’idées j’espérais que le jour arriverait où Israël aurait des relations apaisées avec ses voisins, mais pas au point de se fondre en une entité supranationale qui s’appellerait les « Etats-Unis du Moyen-Orient ».

J’ai le sentiment que les peuples peuvent vivent en bonne entente les uns à côté des autres,  mais qu’ils n’ont pas vocation à vivre les uns avec les autres.

[1] « Guerre des Gaules », Jules César

[2] « Hannah Arendt.  Ecrits juifs » Fayard, 2011.

 

La question juive et la crème glacée.

La marque américaine de crèmes glacées « Ben & Jerry’s » a annoncé qu’elle cesserait bientôt de vendre ses produits en Cisjordanie sous prétexte qu’il s’agit de territoires occupés. Les fondateurs de cette entreprise s’appellent Cohen et Greenfeld, deux Juifs honteux de l’être. Ils soutiennent ce boycott décidé par le conseil d’administration de « Ben & Jerry’s », considérant qu’il s’agit là « d’une étape particulièrement courageuse en accord avec les valeurs progressistes. » Il faut savoir que dans le jargon de la gauche bien-pensante américaine, être progressiste implique d’être antisioniste. Cohen et Greenfeld se sont  donc alignés sur l’idéologie  BDS, organisation antisémite notoire qui  conteste la légitimité de l’Etat juif et aspire à y mettre fin.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid a qualifié l’initiative de « Ben & Jerry’s » d’antisémite, et le président Yitzhak Herzog a évoqué à cette occasion « un nouveau genre de terrorisme ». D’une manière générale la majorité de la classe politique comme de l’opinion publique israélienne est choquée par la décision de « Ben & Jerry’s ».

Hannah Arendt estimait qu’être juif signifiait « d’abord et avant tout une appartenance politique et nationale », et que  « lorsque l’on est attaqué en qualité de Juif, c’est en tant que Juif que l’on doit se défendre ». Ce n’est manifestement pas l’opinion de Cohen et Greenfeld, qui préfèrent donner des gages à une gauche postmoderne qui a perdu à la fois ses repères et son honneur.

Cohen et Greenfeld sont américains, et ont donc le droit de se montrer hostiles à l’égard d’Israël.  Mais  le problème est qu’en tant que Juifs ils ont des liens avec Israël et sont donc éligibles à la « Loi du Retour », ce qui leur confère le droit de devenir citoyen israélien. Cette Loi précise même que « L’État d’Israël déploiera des efforts pour garantir la sécurité des membres du Peuple Juif et de ses citoyens se trouvant en détresse ou emprisonnés en raison de leur Judéité ou de leur citoyenneté ».

Si Cohen et Greenfeld veulent être cohérents avec leur aspiration à contribuer à la paix et à la justice en Palestine, ils devraient s’adresser à l’Ambassade d’Israël à Washington pour lui notifier qu’ils renoncent à la « Loi du Retour ». Mais comme ces compères ne semblent pas briller par leur courage, Israël pourrait prendre l’initiative et leur envoyer un courrier leur signifiant qu’ils sont déchus  du droit à la « Loi du Retour » eu égard à leur détestation d’Israël.

Mais alors, qu’adviendrait-il de ces distributeurs de sorbets au cas où ils seraient victimes à leur tour d’antisémitisme en Amérique, bien qu’ils aient tout fait pour plaire aux ennemis de Juifs ? A méditer.

Zemmour et Vichy ou la confusion des sentiments

Le « Suicide français » est un ouvrage de l’écrivain, journaliste et intellectuel Éric Zemmour. La thèse qui sous-tend cet essai est que la France est en déclin.  Un des chapitres contient un passage tendant à réfuter la manière donc Robert Paxton, historien de la Seconde Guerre Mondiale, analyse le régime de Vichy.

Zemmour note que Paxton constate dans son livre « La France de Vichy » que les trois quarts des Juifs français ont pu échapper à la mort sous le gouvernement de Pétain. L’explication en serait, d’après Paxton, que ce sont les opposants au régime, parmi lesquels les « Justes  des  Nations », qui ont sauvé ces  Juifs.

Mais, s’interroge Zemmour,  si l’on estime que  ce sont ces français-là qui ont rendu possible un sauvetage d’une telle ampleur,  comment se fait-il que les Hollandais n’ont pas réussi à en faire autant ? Le nombre de leurs « Justes » était supérieur celui de la France, mais les Juifs des Pays-Bas ont néanmoins été exterminés à près de 100 %.

D’après Zemmour, Paxton a tort de considérer que le régime de Vichy relevait du mal absolu. Il pense plutôt que l’intention avait été de se placer entre le marteau et l’enclume afin de modérer la folie criminelle nazie. Après tout la France avait été écrasée par un ennemi qui ne lui laissait guère le choix. Vichy aurait donc, dans ces conditions, pris le parti de jouer une sorte de double-jeu en  tentant de sauver ce qui pouvait l’être, tout en faisant mine de collaborer avec l’occupant.

Zemmour cite Raul Hilberg, spécialiste de l’histoire de la Shoah, selon lequel le gouvernement de Vichy se serait efforcé de contenir les exigences allemandes concernant les  Juifs. Mais ces pressions devenant de plus en plus intenses, il y eut un stade où Vichy ne pouvait plus s’y opposer de manière efficace.  En désespoir de cause le régime dut se résigner à lâcher les Juifs étrangers en échange de la vie sauve pour les Juifs français.

Zemmour soutient que le régime de Vichy étant essentiellement nationaliste, il ne lui restait qu’à se servir du peu de souveraineté qui lui restait pour protéger ses nationaux. Vichy aurait donc eu à cœur de protéger les Français juifs non pas parce qu’ils étaient juifs, mais parce qu’ils étaient français.

Petit saut en avant dans l’Histoire. En 1976 un vol d’Air France en provenance de Tel-Aviv est détourné par des terroristes palestiniens et allemands, et atterrit à l’aéroport d’Entebbe en Ouganda.  Les preneurs d’otage libèrent les passagers non-Juifs, mais enferment les Juifs dans un hangar. Il y a là comme un écho au « Statut de Juifs » de Vichy. Mais contrairement à Pétain, le commandant de bord Michel Bacos et son équipage décident de rester avec les Juifs jusqu’à leur libération.

Zemmour dénonce volontiers la soumission actuelle de la France à l’Islam, à l’Union Européenne, à la Chine ou aux Etats-Unis, mais bizarrement trouve des circonstances atténuantes à la soumission de  Vichy aux nazis. La fibre  nationale de Zemmour est respectable, mais en faire l’unique vecteur de la conscience quand elle est confrontée à la barbarie confine à l’inconscience. Trouver qu’il est légitime de discriminer entre humains aux prises avec la mort sur base de la seule préférence nationale témoigne d’une perte de repères.

Lors de la Deuxième Guerre mondiale, Rudolf  Kastner est un notable qui dirige le « Comité d’Aide et de Secours » des Juifs hongrois. Il négocie avec les nazis le sauvetage de 1684 Juifs en échange d’argent, d’or et de diamants. Mais outre le côté sordide de la transaction, il minimise sous la pression des nazis ce qui attend les Juifs qui n’ont pas les moyens de s’acheter la liberté.

Après la guerre, un journaliste Israélien accuse Kastner d’avoir collaboré avec les nazis. Il est poursuivi pour diffamation.  L’affaire prend une ampleur inattendue et se transforme en enquête sur la Shoah de Hongrie. Au bout du procès le tribunal donne raison au journaliste.  Le juge étaie sa décision en disant que du seul fait d’avoir traité avec les Nazis « Kastner avait vendu son âme au diable » .

Les arguties de Zemmour, aussi pertinentes soient-elles, ne tiennent pas devant l’ignominie d’un Vichy qui avait, lui aussi, vendu son âme au Diable.

GPA pour tous en Israël

La GPA (gestation pour autrui) est une technique médicale consistant à transplanter un embryon dans l’utérus d’une femme pour le compte d’autrui. La mère porteuse n’a ni droits ni devoirs envers l’enfant à venir. Une fois qu’elle a accouché, elle cède le nouveau-né à la contrepartie selon des modalités convenues à l’avance de manière contractuelle.

La GPA a été légalisée en Israël dès 1996 pour les couples hétérosexuels, et peu après amendée en faveur des femmes célibataires. Mais considérant que cette loi avait encore toujours un caractère discriminatoire, la Cour Suprême a fini par l’étendre aux couples homosexuels et aux hommes célibataires.

Mais légiférer en matière de GPA n’a pas de sens, parce que les questions éthiques ne peuvent être résolues ni par des juristes, ni par des scientifiques. L’Etat est un mal nécessaire qui n’a d’autre fonction que celle de régler les rapports entre citoyens, et non pas de décréter des valeurs. Il n’a pas à se prononcer sur l’intimité ou la liberté ontologique des êtres humains.

Concernant la GPA, il s’agit plutôt d’examiner si son application relève du droit naturel. Le droit naturel est un concept philosophique qui pose que chaque être humain possède des droits du seul fait de son appartenance à l’humanité. Par exemple, chacun a droit à la vie, à la santé et à la liberté.

Les partisans de la GPA revendiquent le droit d’avoir des enfants au nom du droit naturel d’être parent.

Les mères porteuses revendiquent le droit de gestation pour autrui au nom du droit naturel de disposer de son corps.

Mais les droits naturels s’appliquent également aux enfants produits par GPA. Comme ceux-ci n’ont pas les moyens de se faire entendre en temps utile, ils pourraient exiger plus tard des éclaircissements et seraient justifiés de poser les questions suivantes :

Est-il éthique de priver d’office et d’avance un enfant du droit naturel de se construire une identité conforme à son origine génétique, à ses liens familiaux et à ses racines culturelles ?

Est-il éthique de priver d’office et d’avance un enfant du droit naturel d’être aimé et élevé par un couple constitué par une femme et un homme ?

En d’autres mots, la GPA est-elle éthique ?

הסנאט ברומא והכנסת בירושלים

יוליוס קיסר הוא מחזה של שייקספיר המתאר את הקנוניה נגד קיסר, את ההתנקשות בו ואת מלחמת האזרחים    שלאחריה

בתחילת המחזה אנו רואים את קיסר בשיא תפארתו לאחר שניצח את אויביו הפנימיים והחיצוניים. הוא שולט על רומא והוא בעל כוחות יוצאי דופן. יריביו חוששים כי הסנאט עלול להכתיר אותו כמלך וכך ישים קיסר קץ לרפובליקה. ברוטוס, שקיסר רואה אותו כבנו המאומץ, מתכנן עם סנאטורים אחרים לחסל אותו. כשקיסר מגיע לסנאט הוא נדקר על ידי ברוטוס ושותפיו ומתמוטט כשרוצחיו מתבוססים בדמו

השמועה על הפיכת השלטון מתפשטת ברומא ותושביה נוהרים לסנאט כדי לנסות להבין מה קרה. אנטוניוס, יריבו של ברוטוס, מתחנן אליו לחוס  על חייו כדי שיוכל להספיד את קיסר לפני העם. ברוטוס מסכים, אבל מחליט  להיות  הראשון שינאם

הוא משתמש במיטב כישוריו הרטוריים ומתחיל בקולניות עם הקריאה  « רומאים, אזרחים, חברים[1] ». הוא מצהיר את נאמנותו ומחוייבותו המוחלטת לרפובליקה.  הוא מצדיק את מעשיו באומרו « לא מכיוון שאהבתי את קיסר פחות, אלא מכיוון שאהבתי את רומא יותר« , ומצטער שקיסר שכח את טובת העם וששיכרון הכוח השחית אותו. « קיסר אהב אותי« – נזכר ברוטוס – « ולכן אני מבכה אותו; קיסר היה בר מזל, ולכן אני שמח; קיסר היה אמיץ, לכן אני רוחש לו כבוד. אבל הוא היה שאפתן, ולכן הרגתי אותו[1] ». הוא מודה שלא החליט בקלות על חיסולו של קיסר, אבל  כמה שהדבר הזה נורא, הוא נעשה בשם העם וחירותו. הוא מנצל את ההזדמנות להופיע  כמנהיג  ממלכתי, הרואה את מחוייבותו למדינה כערך עליון. בשלב זה זוכה ברוטוס לשבחים רועמים והקהל מצדד בו חד משמעית

אז מופיע אנטוניוס, חבר נעוריו של קיסר. הוא לא יכול להרשות לעצמו לסתור באותו הרגע  את ברוטוס, שזה עתה זכה לתמיכת העם. הוא גם שולט באומנות הרטוריקה ומתחיל את נאומו בהקדמה מעורפלת: « רע, רומאים, בני ארצי, אנא הטו אל אוזן ושמעו. באתי לקבור את קיסר, לא להללו. גנותו של אדם נותרת עם מותו, אך זכויותיו הן נטמנות עם גופתו, וכך יהא גם על קיסר[1] « . אנטוניוס משתמש בכישוריו כדי לגרום לקהל לשנות את דעתו. בתחילה הוא מסכים למראית עין עם יריבו, אותו הוא מכנה « ברוטוס האציל[1] « . הוא מרעיף עליו שבחים וחוזר שוב ושוב באומרו « כי ברוטוס איש כבוד [1] ». אך יחד עם זאת הוא תוהה מה יכול להצדיק מעשה כל כך נורא על ידי אדם כה נכבד. הוא מפריך את טענתו של ברוטוס שקיסר היה שאפתן מדי, ונזכר כי סירב לכתר שהציע לו הסנאט. הוא מאשים את אזרחי רומא בכך שהם כפויי טובה. כדי להמחיש את טענותיו הוא פותח את צוואתו של קיסר, שממנה מסתמן כי הוריש חלק ניכר מהונו לעם. על מנת להמחיז את טענתו הוא סוחב את גופתו עקובת הדם של קיסר על מדרגות הסנאט. הג’סטה הזו, בנוסף לצוואה, נוגעות לליבו של הקהל, שמשנה לאלתר את עמדתו ומצדד הפעם עם אנטוניוס

הנאומים הסותרים של ברוטוס ואנטוניוס ורבגוניותו של  הקהל מעלים את השאלה על המוסריות של הרטוריקה. זהו נושא הדיאלוג של אפלטון[2] שכותרתו « גורגיאס« . במהלך דיאלוג זה מבקש סוקרטס מגורגיאס להגדיר את הרטוריקה. גורגיאס משיב שמדובר באומנות השכנוע. שואל אותו סוקרטס לשם מה אמנות זו. גורגיאס נבוך אך מודה שזו שיטת השכנוע, ולא שיטת ההנמקה. כשסוקרטס דוחף אותו לפינה, גורגיאס מודה כי מטרת הרטוריקה היא לנצח במילים, אך בלי קשר  לידע. הוא ממחיש זאת על ידי סיפור על מטופל שסירב לתרופה שקבע רופאו. גורגיאס משכנע את המטופל לציית לרופא. אז  מציין סוקרטס כי גורגיאס שכנע את המטופל מבלי שידע דבר ברפואה, וייתכן שהוא הטעה אותו. מזה מסיק סוקרטס שרטוריקה יכולה לתמוך בכל טיעון והיפוכו, ולכן היא מסוכנת כי היא מאפשרת מניפולציה על ההמונים, בדיוק כפי שעשו אנטוניוס וברוטוס

האמת היא שבתקופת אפלטון הרטוריקנים עצמם נהגו להתיימר שהם יכולים להגן על תזה והיפוכה באותה עוצמה. לכן סבור סוקרטס שהרטוריקה חסרת ערך אם אין היא מבקשת שום דבר אלא לשכנע על ידי מילים יפות. לסיכום הוא טוען שכדי שהרטוריקה תיחשב לערכית, היא חייבת להיות משועבדת לפילוסופיה, אחרת היא סתם שקר

יותר מאלפיים שנה אחר כך כותב ארתור שופנהאואר [3] חיבור שכותרתו הוא  » 38  דרכים לנצח  בוויכוח » [4]. הוא סוקר את שיטות השכנוע באמצעות תכסיסים המעוררים רגשות, אך מבלי להתייחס למציאות. הוא מצטט את אריסטו שאומר, « אין דעה, אבסורדית ככל שתהיה, שבני אדם לא יאמצו במהירות ברגע ששוכנעו שהיא מקובלת. הם כבשים שעוקבים אחר האיל המוביל אותם כרצונו: קל להם יותר למות מאשר לחשוב. » (תרגום חופשי)

והמבין יבין, היה אומר אבן עזרא[4]

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1 תרגום מאת עופרה עופר אורן

2 יצירותין של אפלטון מוצגות בדרך כלל בצורה של דיאלוג פילוסופי בין דמויות

3 פילוסוף גרמני של המאה המאה ה-19, תיאורטיקן של מושג הרצון בטבע

4 רב אנדלוסי מהמאה ה מאה ה-  12 מתרגם, משורר, פילוסוף, מתמטיקאי ואסטרונום. ידוע שציין סתירות כרונולוגיות בחומש

Sénat de Rome et Knesset de Jérusalem

Avertissement : toute ressemblance entre cet article et l’actualité politique ne saurait être le fruit du hasard.

« Julius Caesar » est une tragédie de Shakespeare qui relate la conspiration contre Jules César, son assassinat et la guerre civile qui s’ensuivit.

Au début de la pièce on voit César au sommet de sa gloire après avoir triomphé des ses ennemis, à l’extérieur comme à l’intérieur. Il est le maître de Rome et dispose de pouvoirs exceptionnels. Ses rivaux craignent qu’à la prochaine réunion du Sénat  il ne se fasse couronner, et ne mette ainsi fin à la République.  Brutus, que César considère pourtant comme son fils, projette avec d’autres sénateurs de l’assassiner à la première occasion. Au jour dit, à peine arrivé au Sénat, César est poignardé en pleine séance par Brutus et ses acolytes, et s’effondre dans une mare de sang.

La rumeur du coup d’Etat se répand dans Rome, et les citoyens affluents vers le Sénat pour apprendre ce qui s’est passé. Antoine, allié de César et rival de Brutus,  demande néanmoins d’avoir la vie sauve afin de pouvoir prononcer l’oraison funèbre de César devant le peuple. Brutus accepte, mais impose de le faire avant lui.

Il commence par un sonore « Romains, compatriotes et amis[1] » et s’emploie à justifier l’assassinat de César au moyen de la rhétorique.  Il met en avant sa loyauté envers Rome, en déclarant « Ce n’est pas que j’aimasse moins César, mais j’aimais Rome davantage » Il déplore que le pouvoir ait fini par griser César au point de lui faire oublier le bien public. «César m’aimait, dit Brutus, et je le pleure, il fut fortuné, et je m’en réjouis ; il fut vaillant, et je l’en admire ; mais il fut ambitieux, et je l’ai tué » Brutus précise qu’il ne s’est résolu à son geste qu’en désespoir de cause, et assure que cet assassinat, aussi déplorable soit-il, a été commis au nom du peuple, et de celui de la liberté.  Il saisit l’occasion pour se profiler en homme d’Etat aspirant au pouvoir, mais avec le devoir comme valeur suprême.  Il est acclamé par la foule, désormais acquise à sa cause.

Apparaît alors Antoine, ami d’enfance de César.  Il ne peut contredire Brutus d’emblée, puisque celui-ci vient d’obtenir le soutien populaire. Il commence par un préambule quelque peu ambigu : « Amis, Romains, compatriotes, prêtez-moi l’oreille. Je viens pour ensevelir César, non pour le louer. Le mal que font les hommes vit après eux ; le bien est souvent enterré avec leurs os : qu’il en soit ainsi de César. »

Antoine met en œuvre lui aussi son talent rhétorique pour essayer de retourner l’opinion publique contre Brutus. Il feint d’abord d’être d’accord avec lui, qu’il appelle  d’ailleurs « le noble Brutus ». Il le couvre de louanges, et  répète à plusieurs reprises que « Brutus est un homme honorable ». Mais il s’interroge en même temps sur ce qui a bien pu justifier qu’une personnalité aussi éminente ait pu commettre un acte aussi abominable. Il réfute l’argument selon lequel César aurait été trop ambitieux, et rappelle qu’il avait refusé à trois reprises la couronne que lui proposait le Sénat. Il reproche par ailleurs aux Romains d’être ingrats, et leur lit par un geste emphatique le testament de César, d’où il ressort qu’il lègue au peuple une partie importante de sa fortune. Pour théâtraliser son plaidoyer, il dépose le corps de César ensanglanté et encore chaud sur les marches du Sénat. Ce geste, ajouté au testament qu’il vient de parcourir, bouleverse la foule qui renie Brutus pour le coup, et qui repasse du côté d’Antoine.

Les discours contradictoires de Brutus et d’Antoine et la versatilité de la foule soulèvent la question morale en matière de rhétorique. C’est le thème du dialogue[2] de Platon intitulé « Gorgias ».  Au cours de ce dialogue, Socrate demande à  Gorgias de lui donner une définition de la rhétorique.  Celui-ci répond qu’il s’agit de l’art de convaincre. Socrate lui demande alors à quoi sert cet art.  Gorgias est embarrassé mais finit par admettre qu’il s’agit d’une méthode de persuasion, et non pas de démonstration. Comme Socrate le pousse dans ses retranchements, Gorgias concède que la rhétorique vise à l’emporter par les mots, sans lien avec un quelconque savoir. Gorgias illustre cela en racontant le cas d’un malade qui refusait le traitement prescrit par son médecin, mais qu’à force d’éloquence il a fini par convaincre. Socrate fait remarquer à Gorgias qu’il a convaincu le malade sans rien connaître à la médecine, et qu’il l’a peut-être induit en erreur. Socrate en déduit que comme la rhétorique peut soutenir tout et son contraire, elle est dangereuse parce qu’elle permet de manipuler les hommes, exactement comme quand Brutus et Antoine font tour à tour l’oraison funèbre de César.

Il était de notoriété publique à l’époque de Platon que les rhéteurs eux-mêmes prétendaient pouvoir défendre une thèse et l’opposé avec le même aplomb. Socrate juge donc que la rhétorique est dénuée de valeur si elle ne cherche qu’à convaincre par de belles paroles.  Il pose en conclusion que pour qu’elle puisse être considérée comme vertueuse, la rhétorique doit être subordonnée à la philosophie, c’est-à-dire à la recherche de la vérité, sans quoi elle n’est que mensonge.

Plus de deux millénaires plus tard, Arthur Schopenhauer[3] écrit un essai intitulé « L’Art d’avoir toujours raison[4] ». Il passe en revue les stratagèmes qui permettent de convaincre au moyen d’artifices qui font appel aux affects, mais sans se soucier du réel. Il cite Aristote qui disait « il n’y a pas d’opinion, si absurde soit-elle, que les hommes ne sont pas prêts à embrasser dès qu’ils peuvent pourvu qu’on puisse les convaincre que c’est une vue généralement admise. L’exemple affecte leur pensée et leurs actions. Ils sont comme des moutons, suivant celui qui porte le grelot où qu’il les mène : il est pour eux plus facile de mourir que de réfléchir

« והמבין יבין  », disait Ibn Ezra[5], ce qui donne à peu près « et qui comprend comprendra ».

 

 

[1] Traduction de François-Victor Hugo, comme les autres extraits de la pièce de Shakespeare dans cet article.

[2] L’œuvre de Platon se présente généralement sous forme de dialogue philosophique entre personnages.

[3] Philosophe allemand du 19ème siècle, théoricien du concept de Volonté dans la nature.

[4] Traduction Auguste Dietrich

[5] Rabbin andalou du 12ème siècle. Grammairien, traducteur, poète, exégète, philosophe, mathématicien et astronome. Connu pour avoir relevé des incohérences chronologiques dans le Pentateuque.

Gouvernement « d’union nationale » en Israël ?

La coalisation sur le point d’accéder au pouvoir en Israël se présente comme un  gouvernement « d’union nationale ».  Mais en réalité une telle  configuration ne s’impose que dans des situations extrêmes, quand il y a danger imminent identifié  comme tel par un consensus populaire. Cela implique que les différences idéologiques soient mises de côté, de manière à en appeler à l’union sacrée et à souder ainsi le peuple face à une menace existentielle.

Mais ce n’est, à l’évidence, pas du tout le cas actuellement. 48 pourcent des suffrages exprimés (électeurs de Yamina inclus) ont directement ou indirectement plébiscité Netanyahu lors des dernières élections. Les formations coalisées contre lui justifient le reniement de leurs promesses, ainsi que de leur idéologie, au nom de l’intérêt supérieur de la Nation pour sauver l’essentiel. C’est ainsi que Tikva Hadasha et Yamina renoncent à annexer la Judée-Samarie, et endossent la solution à deux Etats du conflit israélo-palestinien. Meretz et Avoda quant à eux oublient les LGBT, et n’exigent plus de mettre un terme à l’occupation de la Cisjordanie. Raam, le parti islamiste, renonce à liquider l’Etat d’Israël et enterre la cause palestinienne. Yisrael Beiteinu n’exige plus  de subordonner la citoyenneté des Arabes d’Israël à l’allégeance à l’Etat juif. La plupart des personnalités politiques qui ont rendu cette coalisation possible ont fait l’inverse absolu de ce à quoi ils s’étaient engagés. Il est vrai que cette coalition a pour point commun d’éliminer Netanyahu de la scène politique, mais la question est de savoir si cet objectif peut être qualifié de « cause nationale » alors que 53 députés sur les 120 que compte la Knesset s’y opposent.

La vérité est qu’il s’agit d’une lutte pour le pouvoir que les opposants à Netanyahu travestissent en état d’urgence, mais rien dans les faits ne justifie cette vision d’apocalypse. Tout au long de sa gouvernance, l’économie du pays s’est développée mieux qu’ailleurs dans le monde industrialisé, ce qui a valu à Israël l’admission à l’OCDE. Malgré les élections à répétition récentes, Netanyahu a su mener à bien les accords d’Abraham et amélioré de manière sans précédent les relations entre Israël et le monde arabe. Lors des récentes attaques du Hamas de nombreux pays occidentaux, traditionnellement précautionneux, ont ostensiblement soutenus Israël, et certains ont même hissé le drapeau israélien au fronton de leurs édifices publics. Concernant la pandémie, Israël a implémenté en un temps record une vaccination massive, et assuré l’approvisionnement de la totalité de la population. Aucun pays au monde ne peut en dire autant, or il ne fait aucun doute que cet exploit a été rendu possible grâce à l’opiniâtreté de Netanyahu et à ses relations personnelles à travers le monde. A cela il faut ajouter la remarquable vitesse avec laquelle le pays s’est remis en marche une fois l’épidémie jugulée. Enfin concernant l’Iran, qui constitue pour le coup une menace existentielle véritable, la manière dont Netanyahu fait face aux velléités du monde libre de pactiser avec ce régime criminel devrait servir d’exemple à l’Occident frileux.

La raison véritable de l’opposition à Netanyahu tient à une compréhensible frustration eu égard à sa manière de gouverner, qui, il faut bien l’admettre, est quelque peu autocratique. Nous avons peut-être affaire à un despote, mais dont près de la moitié d’Israël pense qu’il s’agit d’un despote éclairé. Ses opposants brandissent l’étendard de la démocratie pour le combattre, mais se servent de méthodes douteuses pour le déloger, alors qu’il jouit d’une indéniable popularité. Pour le déstabiliser ils instrumentalisent la presse, qui instrumentalise la police, qui instrumentalise la Justice, qui l’inculpe de manière à ce que ses opposants puissent  exiger qu’il se démette avant même qu’il ne soit jugé. Si l’on admet la légitimité d’un tel procédé, cela revient à laisser les juges déterminer qui peut ou ne peut pas gouverner. Malheur à une démocratie qui se laisserait mener par les juges, parce que c’est la meilleure manière de l’enterrer.

En conclusion, s’opposer à Netanyahu est certes légitime, mais parler d’urgence, de menace existentielle ou d’union nationale constitue un abus de langage indigne d’une opposition qui se respecte.

יהודי התפוצות והפוליטיקה בישראל

חוק השבות של מדינת ישראל מבטיח את זכותו של כל יהודי לעלות לישראל בכל עת, ולהפוך לאזרח לכל דבר. אחד התיקונים לחוק זה קובע כי המדינה תעשה מאמצים להבטיח את ביטחונם של בני העם היהודי הנמצאים  במצוקה או כלואים בגלל יהדותם או אזרחותם

לפני כמה שנים שלחו 400 יהודים בריטים מכתב גלוי לשגרירות ישראל בלונדון באומרם כי הם דוחים כל התייחסות  לחוק השבות. הם הצהירו כי הם אינם חשים קשורים לחוק זה, לא באופן מעשי ולא סמלי, לא לגבי עצמם ולגבי צאצאיהם, לא כעת ולא בעתיד. לכן זכותם המלאה לבקר את מדינת ישראל ואף להיות עויינים כלפיה מכוח חופש הביטוי

באשר ליהודים ברחבי העולם, הרואים את מדינת ישראל כאחראית לשלומם מכוח חוק השבות, באופן מעשי או סמלי, לגבי עצמם ולגבי צאצאיהם, כעת או בעתיד, עליהם להתאפק בהתבטאויות נגד מדינת ישראל, כאשר היא מצדה מתחייבת לקבלם בלי תנאי,  בעת שלום ובעת משבר

לפיכך, ליהודי התפוצות, המכירים  בתוקף חוק השבות כלפיהם, אך ביקורתיים לגבי מדיניות זו או אחרת של מדינת ישראל, עליהם מוטלת חובה אחת בלבד: לשתוק

La Diaspora et la politique d’Israël

La « Loi du Retour » de l’Etat d’Israël garantit à tout Juif le droit d’immigrer en Israël à tout moment et de devenir citoyen à part entière sur simple demande. Un des amendements de cette loi stipule que « L’État déploiera des efforts pour garantir la sécurité des membres du Peuple Juif et de ses citoyens se trouvant en détresse ou emprisonnés en raison de leur Judéité ou de leur citoyenneté ».

Il y a quelques années, 400 Juifs britanniques ont envoyé une lettre ouverte à l’Ambassade d’Israël de Londres pour lui signifier qu’ils rejetaient à titre définitif tout recours à la « Loi du Retour ». Ils ont déclaré ne pas se sentir concernés par cette loi, ni concrètement ni symboliquement, ni pour eux-mêmes ni pour leurs descendants, ni maintenant ni plus tard. Ils ont donc le droit de critiquer Israël et même de lui être hostile en vertu de la liberté d’expression.

Quant aux Juifs à travers le monde qui estiment être partie prenante de la « Loi du Retour », concrètement ou symboliquement, pour eux-mêmes ou pour leurs descendants,  maintenant ou plus tard, ils ont une obligation de réserve envers Israël, qui s’engage de son côté à accueillir les Juifs de la Diaspora en temps de paix comme en temps de crise.

C’est ainsi que ces Juifs qui tiennent à  la « Loi du Retour », mais qui sont en même temps critiques par rapport à telle ou telle politique d’Israël, ils n’ont qu’un seul devoir :  celui de se taire.

 

אובמה ושאלת היהודים

קיים מונח שאני מכנה אותו « אנטישמיות בעוצמה נמוכה ». זה סוג של עוינות שקטה, שמטרתה לא בהכרח לפגוע ביהודים, אולם שדורשת מהם לא להיות גלויים לעיין יתר על המידה. סוג של אנטישמיות זו אף יכולה להפוך לאהדה מסוימת כאשר יהודים במצוקה
יש בארצות הברית קהילות אפרו-אמריקאיות בהנהגת אנשי דת אנטישמים מובהקים, כמו הכמרים לואי פארגאן וג’רמיה רייט. ג’רמיה רייט היה במשך שני עשורים הסמכות הרוחנית של הנשיא לשעבר ברק אובמה. אובמה מצטט אותו 26 פעם באוטוביוגרפיה שלו, ומספר שג’רמיה רייט ניהל את טקס החתונה שלו, והוא גם ביקש ממנו להטביל את ילדיו. כשהתמודד לנשיאות בשנת 2008, הוא ניתק את קשריו איתו משום שחשש שקרבה זו עלולה להשפיע לרעה על הבוחרים היהודים והאוונגליסטים. אבל כל עוד שאובמה כיהן כסנאטור, הוא הקפיד להשתתף בכנסים האנטישמיים של מורה הדרך שלו, ומעולם לא מתח ביקורת על נאומיו הגזעניים. כשמתבוננים בעוינות של אובמה כנגד ישראל בתקופת כהונתו, קשה שלא לחבר בין זה לזה
אובמה משחזר בספרו את ביקורו בשרידי מחנה הריכוז בוכנוולד. הוא נזכר שלחוויה זו הייתה « משמעות פוליטית מובהקת ». בכך הוא מתכוון שלמרות « ששקל » לבקר בישראל, הוא ויתר על כך « כדי לכבד את רצונה של ממשלת ישראל שלא להפוך את השאלה הפלסטינית לנקודה המרכזית בנאומו. » במילים אחרות הוא טוען שהוא צונזר על ידי הדמוקרטיה היחידה במזרח התיכון
כדי להבין את היקף השקר הזה חשוב לזכור שאובמה הצליח לא לדרוך על אדמת ישראל במשך ארבעה שנות כהונתו הראשונה. במקום זאת הוא « בחר לבקר בבוכנוולד כדי להצהיר את מחויבותו לישראל ולעם היהודי. בפועל, אפשר להסיק מפעולותיו שהוא העדיף עלייה לרגל במרחב בו יהודים מתים, במקום במרחב בו יהודים חיים
כשאובמה, בסופו של דבר, נאלץ להגיע לישראל בקדנציה השנייה שלו, הוא נשא את נאומו לקהל אוהד באולם כנסים בירושלים במקום לנאום בכנסת כמקובל בקרב מנהיגי העולם החופשי, הדואגים לכבד את הדמוקרטיה הישראלית.

התייחסותו של אובמה לזרוע הצבאית של החמאס היא מזעזעת. הוא מציג אותו כ »ארגון ההתנגדות הפלסטינית ». התנגדות ? במדינתו של הנשיא אובמה עצמו, החמאס נמצא ברשימת ארגוני הטרור
קטע נוסף של חוסר תום לב, שגובל בנגציוניזם: « בבית הספר היסודי השתתפתי בשנת 1972 בשידורי המשחקים האולימפיים במינכן, שם נטבחו ספורטאים על ידי רעולי פנים » מי היו הספורטאים האלה ? חייזרים ? מה לגבי « רעולי הפנים » ? חייזרים אחרים ? לא: הספורטאים האלה היו יהודים שנרצחו בגלל היותם יהודים, ו »רעולי הפנים » היו רוצחים מטעם ארגוני טרור פלסטינים. אובמה מתעלם מכך לחלוטין
כזכור, אובמה לא הגיע לישראל בקדנציה הראשונה שלו, אבל כן ביקר באותה תקופה בטורקיה ובמצרים אף על פי שישראל ממוקמת בין שתי המדינות האלה. הסיבה היא כנראה, שאובמה לא צבר מספיק נקודות « מיילים » כדי להרשות לעצמו לעצור בנתב »ג
בכל מקרה, במהלך ביקורו בקהיר, הוא פנה לבכירי המשטר, כולל « דמויות מובילות של האחים המוסלמים ». לדבריו, הוא אמר להם « שאמריקה והאסלאם מונעים ומוזנים על ידי עקרונות משותפים שהם צדק וקדמה, סובלנות וכבוד לכל אדם באשר הוא אדם. » הוא הוסיף « שלאסלאם יש מסורת של סובלנות שהוא גאה בה ». אנחנו לעולם לא נדע אם אמירה זו הייתה סוג של הומור מצידו. אבל מה שבטוח שהוא לא ניסה להצחיק, אותנו לפחות, כשבמהלך אותו נאום הוא השווה בין השואה של יהודי אירופה למצוקת הפלסטינים בחיפוש אחר  טריטוריה
כדאי לזכור, שאובמה הוא חתן פרס נובל לשלום על סמך זאת שהוא לא תרם כלום למען השלום בשום צורה כל שהיא. על אף האמור, יש להכיר בכך שכאשר אובמה ערך, לבסוף, ביקור ממלכתי בירושלים, הוא הצהיר שהוא ידיד ישראל
בנסיבות כאלה נהוג לומר כשיש לך חברים כאלה אינך זקוק לאויבים