Philippe Karsenty ou la passerelle de la Méditerranée

Philippe Karsenty, ex-financier et actuellement maire-adjoint de Neuilly, est candidat à la 8eme circonscription aux prochaines législatives, et représentera, s’il est élu, les français de plusieurs pays de la Méditerranée, dont l’Italie, la Grèce et Israël. Il se situe au centre-droit, mais n’est affilié à aucune famille politique, et brigue donc l’Assemblée Nationale en tant que candidat libre.  Mais bien que refusant d’être investi par un parti, plusieurs formations – le Parti Libéral Démocrate et le Parti Chrétien Démocrate –  le soutiennent.

Philippe Karsenty mène depuis des années un combat politico-médiatique connu sous le nom « d’affaire Al-Durah », qui vise à faire toute la lumière sur un reportage réalisé par France 2 à Gaza, où un homme et son fils ont été pris sous un feu croisé entre israéliens et palestiniens. Cet homme jeune et énergique fait preuve de ténacité, de courage et d’une remarquable suite dans les idées. Connaissant bien les pays de la Méditerranée, il pourrait jouer un rôle clé dans la communication entre ces pays et la France.

Bien que l’ex-président Sarkozy ait au début de son mandat adopté un ton plutôt amical envers Israël, cela ne s’est jamais traduit par un changement au plan pratique. On peut même dire qu’a plusieurs reprises il a indisposé Israël par des prises de positions inamicales telles que son soutien à l’admission de la Palestine à l’UNESCO ou son animosité envers le Premier ministre israélien, ainsi qu’envers celui des Affaires Etrangères.

Il est vrai qu’il est difficile pour tout président français d’infléchir la politique du Quai d’Orsay, qui depuis le Général de Gaulle a une attitude plutôt réservée à l’égard d’Israël. Il est donc peu probable que François Hollande inaugure un changement d’orientation de ce point de vue-là. Des drapeaux palestiniens ont même été hissés à La Bastille pour fêter sa victoire, ce qui est quelque peu surprenant après une campagne électorale d’où la politique étrangère a été pratiquement absente.

Les problèmes économiques auxquels sont confrontés la France et l’Europe ont été au centre de la campagne présidentielle, et c’est bien normal pour des citoyens préoccupés par le pouvoir d’achat qui s’érode, le chômage qui monte et un sentiment d’insécurité qui s’installe. Mais bien qu’Israël fasse partie du monde occidental et que l’Europe soit son principal marché, son économie résiste aux turbulences des place financières et au rouleau compresseur de la globalisation. La croissance y est excellente, le chômage est bas, et la consommation se maintient alors que l’inflation est sous contrôle. Le dynamisme de cette économie est remarquable, ceci malgré l’effort à fournir pour la défense du pays, et malgré des voisins hostiles ou insuffisamment développés pour constituer des partenaires commerciaux de poids.

La réussite d’Israël pourrait servir de modèle à bien des pays européens – dont la France – paralysés par des structures obsolètes, où les réformes imposées par la mondialisation tardent à être mises en œuvre.

Israël a beaucoup appris de l’Europe et s’en est inspiré tout au long du vingtième siècle. Cela a abouti à une démocratie moderne, un Etat de droit et une économie féconde combinée à une créativité stupéfiante. Il se peut que le temps soit venu pour la vieille Europe de s’inspirer à son tour d’Israël pour se réinventer et relever les défis qui l’attendent. Mais pour cela il faut une passerelle, or Philippe Karsenty pourrait bien en être l’artisan s’il était élu député à l’Assemblée Nationale d’ici peu.

La nostalgie de Günther Grass

Günther  Grass, prix Nobel de littérature et intellectuel de premier plan, vient de faire tomber un tabou. Désormais un ancien de la Waffen SS peut se répandre dans les médias pour accuser les juifs de menacer le monde.  Pour mémoire, la Waffen SS dont Günther  Grass fit naguère partie était un corps d’armée dont le principal critère de sélection consistait à être dévoué corps et âme à l’idéal nazi.

Günther  Grass nous apprend sous la forme d’un poème de son crû que les juifs veulent éradiquer le peuple iranien. Cela a de quoi surprendre, parce que d’une part il ne nous communique pas ses sources, et que d’autre part on a surtout entendu jusqu’à présent que le président Ahmadinejad et l’ayatollah Khamenei, les deux principaux leaders d’Iran, appelaient à la liquidation d’Israël.

Il faut savoir que l’Iran ne se limite pas à une logorrhée antisioniste, mais agresse quotidiennement Israël par le biais du Hezbollah et du Hamas, deux organisations criminelles qui se spécialisent dans l’assassinat de civils juifs.

Par ailleurs le régime iranien professe un négationnisme de la Shoah et entretient une  propagande antisémite tous azimuts. Cela doit ranimer de la nostalgie chez Günther  Grass. On peut en effet imaginer qu’il ne se remet pas de ce que grâce à Israël les juifs ne sont plus la vermine que la Waffen SS exterminait.  L’Etat Juif a même l’outrecuidance de le déclarer « persona no grata », ce qui est quand même un comble pour quelqu’un qui a adoré Hitler.

Mais aucune réaction, aucune pétition, aucune protestation ne peut avoir un effet aussi décisif que la lettre que Günther  Grass a reçue du vice-ministre de la Culture iranien, qui lui rend hommage pour avoir « dit la vérité », en espérant que cela « réveillera la conscience occidentale endormie ». Cette lettre, rendue publique par les médias iraniens  bien connus pour leur indépendance,  est la punition la plus terrible que l’on puisse imaginer pour un intellectuel qui se dit de gauche. Ceci parce qu’un compliment provenant du régime iranien est en soi une injure à l’intelligence, et devrait constituer un signal d’alarme pour quiconque  dispose d’un minimum de bon sens.

La faute de Günther  Grass consiste a s’être trompé en confondant la dictature iranienne et la démocratie israélienne. Cependant il ne viendrait à l’idée de personne de douter de son quotient intellectuel ou de sa culture. Ce n’est donc pas de ce côté-là qu’on trouvera l’explication de sa poétique insulte à l’Etat juif.  Une hypothèse plus vraisemblable est que Günther  Grass est resté attaché ses racines idéologiques, et que l’idée que les juifs disposent d’une force de dissuasion est insupportable pour cet érudit allemand qui a tout vu, tout lu, tout appris, mais rien compris.

Catherine Ashton ou l’oracle de Gaza

Catherine Ashton, Vice-présidente de l’Union Européenne, a mis sur un même plan le meurtre d’enfants juifs en France et la légitime défense qu’exerce Israël à Gaza.  Cette dérive illustre  l’état d’esprit qui anime une certaine classe politique européenne qui se complait comme au Moyen-âge à accuser les juifs de tout, y compris quand les juifs eux-mêmes sont l’objet d’un massacre. L’ignoble amalgame de Catherine Ashton consiste à insinuer que si Israël n’existait pas, on ne s’attaquerait pas aux juifs. Une sinistre mais simple compilation historique démontrerait pourtant qu’on tuait beaucoup plus d’enfants juifs avant la création de l’Etat d’Israël que depuis.

Les propos de Catherine Ashton sont aussi méprisables qu’impardonnables, non pas à cause d’un écart commis dans un moment d’égarement, mais suite à un enchaînement de déclarations et de prises de positions qui ne peuvent laisser aucun doute sur ses motivations. Il y a chez Catherine Ashton un délire apparent, mais qui masque en réalité une volonté délibérée de nuire aux juifs.

L’UPJF (Union des Patrons et Professionnels Juifs de France) demande au gouvernement français d’élever une protestation officielle à l’encontre de Catherine Ashton. L’UPJF relève que celle -ci est une récidiviste, qu’elle avait déjà fait l’apologie des kamikazes palestiniens dans le passé, qu’elle recourait au mythe du complot juif mondial, qu’elle avait apporté son soutien au Hamas lors du blocus de Gaza, qu’elle en avait rencontré le chef, et qu’elle a accusé les israéliens de trafic d’organes lors de l’opération israélienne de secours à Haïti.

Quand Catherine Ashton sympathise avec ceux qui ont pour programme explicite la liquidation d’Israël, elle perd toute légitimité et doit en tirer les conséquences. Les seuls au monde qui ont le droit de traiter avec le Hamas sont les israéliens eux-mêmes – s’ils en décident ainsi – parce que c’est leur peau qui est en jeu. Ni Catherine Ashton ni Régis Debray ni Stéphane Hessel ni Edgar Morin ni Jean Daniel ni Daniel Cohn-Bendit ni Rony Bruman ni les autres apôtres – juifs ou non-juifs – de cette bien-pensance européenne n’ont le droit d’être complaisants envers les terroristes de Palestine ou d’ailleurs.

Il n’y a aucune option digne de l’Union Européenne face au conflit israélo-palestinien, autre que celle d’un soutien franc et massif  à Israël, comme cela a été le cas de la plupart des pays d’Europe lors de la création de l’Etat Juif. Cela n’implique pas qu’Israël soit au dessus de toute critique, mais que l’Etat d’Israël doit être soutenu sur le fond de sa revendication, qui est celle de son droit à l’existence.

Ce que les responsables politiques européens doivent intégrer c’est que ce que les ennemis d’Israël ambitionnent  n’est ni une rectification de frontières ni une fin de l’occupation, mais l’éradication du peuple juif en passant par la destruction d’Israël, seule démocratie du Moyen-Orient où les arabes eux-mêmes sont des citoyens libres. Entre Israël et des régimes assassins comme ceux de Syrie, d’Iran, du Hezbollah ou du Hamas il n’y a pour l’Europe ni à être neutre ni à se contorsionner. Il y a à être solidaire d’Israël.

Apartheid in the Middle-East

According a United Nations Development Program report, discrimination against women in the Arab world is a major obstacle to economic and social development. The status of women is lower there than in any other part of the world. In many of these countries, sidelining of women is enshrined in legislation. The family codes produce women exclusion through polygamy, child marriage, divorce, property or estate rules. Apartheid.

Christian communities in the Arab world are endangered. Christians suffer a second-class citizenship, are being bullied, segregated, red tape or persecuted. Apartheid.

Homosexual communities in the Arab world are subject to serious human rights violations. In most of these countries homosexuality is considered a crime. Apartheid.

Arab countries never agreed to integrate Palestinians after they incited them to leave Israel in 1948. The Arab League adopted in 1959 a resolution stating that no member could grant citizenship to Palestinians. In Lebanon Palestinians are not allowed to start a business. Apartheid.

Since 1948 more than eight hundred thousand Jews in the Arab world have been arrested, tortured, deported, robbed or murdered simply because they were Jews. Official decrees have denied them the most basic rights, and many were deprived from their nationality. Apartheid.

The President of the Israeli Court that sent the head of state to jail for sexual offenses is an Arab. Apartheid?

Israeli Arab members of Parliament are legislators just like all the others, even when they are openly anti-Zionists. Apartheid?

An Arab judge is a permanent member of the Supreme Court of Israel. Apartheid?

Israel is the only country in the Middle East where religious freedom is granted and where abstaining from any religion is an acceptable opinion. Apartheid?

Freedom of the press is unquestionable in Israel, including for supporters of enemies of the state. Apartheid?

The health system in Israel makes no distinction between users. Arabs and Jewish doctors cooperate in all respects. Arabs and Jews Patients are taken care off in an identical way. Apartheid?

Judge Goldstone, that can hardly be suspected of sympathy towards Israel since his « Cast Lead » report, states that as a former magistrate of South Africa he deems that « the charge that Israel is an apartheid state is  false and malicious » Apartheid?

Israel is a pluralistic society. None Arab in no Arab country enjoys citizen’s rights like in Israel. Apartheid?

An Arab woman was crowned Miss Israel only because she was attractive. Apartheid?

Apartheid au Moyen-Orient

Selon un rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement la discrimination envers les femmes dans le monde arabe est un frein majeur au développement économique et social. La place des femmes y est plus faible que dans toute autre partie du globe. Dans un grand nombre de ces pays la mise à l’écart des femmes est inscrite dans la législation. Les codes de la famille instituent l’exclusion au moyen de la polygamie, du mariage d’enfants, du divorce, de la propriété ou de la succession. Apartheid.

Les communautés chrétiennes du monde arabe sont en voie de disparition. Les chrétiens subissent un statut de citoyen de seconde zone, sont l’objet de brimades, de ségrégation, de tracasseries administratives ou de persécutions. Apartheid.

Les communautés homosexuelles du monde arabe font l’objet de graves violations des droits de l’homme. Dans la plupart de ces  pays l’homosexualité est considérée comme un crime. Apartheid

Les pays arabes n’ont pas voulu intégrer les palestiniens après les avoir incités à quitter Israël en 1948. La Ligue arabe a adopté en 1959 une résolution stipulant qu’aucun de ses membres ne pouvait accorder la citoyenneté aux palestiniens. Au Liban les palestiniens ont l’interdiction de créer une entreprise. Apartheid.

Depuis 1948 plus de huit cent mille juifs du monde arabe ont été arrêtés, torturés, expulsés, spoliés ou assassinés du seul fait qu’ils étaient juifs. Des décrets officiels leur ont dénié les droits les plus élémentaires, et beaucoup ont été déchus de leur nationalité. Apartheid.

Le président du tribunal israélien qui a expédié en prison le chef président de l’Etat pour délits sexuels est un Arabe. Apartheid?

Les députés arabes au Parlement israélien sont des législateurs comme les autres, même quand ils sont ouvertement antisionistes. Apartheid?

Un juge arabe siège de façon permanente à la Cour Suprême d’Israël. Apartheid?

Israël est le seul pays du Moyen-Orient où la liberté de culte est totale, et où l’abstention de culte est une opinion comme une autre. Apartheid?

La liberté de presse est absolue en Israël, y compris pour des sympathisants des ennemis de l’Etat. Apartheid?

Le système de santé en Israël ne fait aucune distinction entre usagers. Médecins arabes et juifs coopèrent sur tous les plans. Patients arabes et juifs sont soignés côte-à-côte de manière identique. Apartheid?

Le juge Goldstone, peu suspect de sympathie envers Israël depuis son rapport sur « Plomb Durci », affirme en tant qu’ex-magistrat d’Afrique du Sud que « l’accusation selon laquelle Israël est un État d’apartheid est un mensonge malveillant. » Apartheid?

Israël est une société pluraliste. Aucun arabe dans aucun pays arabe ne jouit des droits du citoyen comme en Israël. Apartheid?

Une femme arabe a été élue Miss Israël uniquement parce qu’elle était belle. Apartheid?

Philippe Karsenty favori de la 8ème conscription des Français de l’étranger

Les prochaines élections législatives comprennent 11 circonscriptions représentant les Français de l’étranger. Philippe Karsenty est candidat à la 8ème, celle qui comprend Chypre, la Grèce, Israël, l’Italie, Malte, Saint-Marin, le Saint-Siège et la Turquie.

Après avoir fait carrière dans la finance, Philippe Karsenty a fondé Media-Ratings, agence de Notation des médias dont l’objectif est d’évaluer leur fiabilité. Depuis mars 2008, il est maire-adjoint de Neuilly-sur-Seine en charge des nouvelles technologies.

Philippe Karsenty est un libéral de centre-droit, mais en tant que candidat libre il est indépendant des appareils politiques. Bien que ne bénéficiant pas de leur infrastructure, il soulève un grand espoir parmi les Français du pourtour méditerranéen, en particulier ceux d’Israël, d’Italie et de Grèce, où se trouve la grande majorité des électeurs potentiels. Philippe Karsenty est considéré comme grand favori parce qu’il a démontré son indépendance et sa pugnacité quand il s’agissait de défendre une cause importante. C’est notamment le cas de l’Affaire al-Dura, qui au delà de la lutte contre le corporatisme des médias, est emblématique d’une cause à laquelle Philippe Karsenty est particulièrement attaché, celle de la vérité.

L’Affaire al-Dura a démarré en septembre 2000 lorsque France 2 a diffusé un reportage filmé par un cameraman palestinien semblant montrer deux civils, Jamal al-Dura et son fils Mohamed, pris sous un tir croisé à Gaza. Charles Enderlin, le correspondant de France 2, absent au moment des faits, a repris à son compte le récit de son caméraman. Il avait affirmé – sans pouvoir le prouver – que l’homme et l’enfant avaient été visés par l’armée israélienne, et que l’enfant avait succombé à ses blessures.

De nombreux observateurs contestent l’authenticité du reportage, et aussi la manière dont France 2 l’a commenté. Philippe Karsenty est entré dans la controverse en 2002, avançant qu’il n’y avait pas de preuve du décès de Mohamed al Dura, et que la vidéo était une fabrication du caméraman de France 2. Il fut poursuivi pour diffamation, mais après une saga juridique riche en rebondissements, il fut relaxé par la Cour d’Appel de Paris.

Philippe Karsenty s’emploie depuis près d’une décennie à étayer et faire reconnaître la thèse d’une manipulation médiatique diffusée par France 2. Il a révélé, après avoir visionné la vidéo, que l’enfant supposé mort lève la jambe et tourne sa tête vers la caméra. Un chirurgien témoigne que les cicatrices de son père sont antérieures à l’incident. Par ailleurs la fusillade aurait duré 45 minutes, mais il n’y a que quelques impacts, et pas de sang qui s’écoule alors que l’enfant est censé être blessé au ventre. Enfin il n’y a aucune image qui étaye son agonie. Cela, et bien d’autres éléments suscite des interrogations et jette d’après Philippe Karsenty une lumière singulière sur la légèreté avec laquelle France 2, chaîne du service public, s’est permis d’accuser Israël et de désinformer son audience au lieu de l’informer.

A la suite de la diffusion de ce reportage, les affrontements entre Palestiniens et Israéliens s’intensifient et provoquent une vague d’antisémitisme d’une rare intensité à travers le monde. Les stéréotypes les plus éculés de crime rituel juif réapparaissent un peu partout dans les médias. Les images de l’enfant-martyr suscitent une hostilité anti-juive aux effets durables. Ceci alors qu’à cette même époque, d’autres images de mort et de désolation – incontestables quant à elles – d’attentats en Israël contre des civils ne suscitent rien de comparables.

Le mythe al-Dura s’est cristallisé depuis, et l’effigie du petit Mohamed est devenue une marque qui sert à lancer timbres, vêtements, à inaugurer des monuments ou à nommer des rues. Ce mythe alimente la diabolisation d’Israël, plus particulièrement en France, où France 2, chaîne du service public, a cautionné ce reportage plus que douteux.

Les Français d’Israël tiennent beaucoup à préserver leurs liens avec leur patrie d’origine et à chasser les nuages qui pèsent sur les relations Franco-israéliennes. Philippe Karsenty est sans doute le candidat le mieux placé pour y contribuer, mais au delà d’Israël, sa compétence économique d’ancien financier, et son expérience politique d’élu municipal le rendent particulièrement apte à répondre d’une façon réaliste et pratique aux besoins spécifiques des Français confrontés à la crise économique européenne.

Son discours témoigne d’une réelle compréhension de l’identité de cette circonscription du bassin méditerranéen et colle de près à que doit être la voix française en provenance de ces lieux tellement chargés d’Histoire que sont Jérusalem, Athènes, Rome et Constantinople, ces quatre villes qui sont le berceau de notre civilisation occidentale.

Israel et la laïcité

Yaïr Lapid est journaliste, chroniqueur, écrivain et animateur d’un magazine télévisé très prisé en Israël. C’est un surdoué de la communication, charismatique et consensuel, qui jouit d’une grande popularité et qui est suivi à la trace par les médias depuis son plus jeune âge, puisqu’il est fils d’une écrivaine et d’un politicien flamboyant. 

Yaïr Lapid vient de  démissionner de la chaine israélienne où il officiait pour annoncer qu’il allait désormais se consacrer à la politique. Les sondages le créditent déjà d’un grand nombre de mandats sur foi de son seul nom. Bien qu’il n’ait pas encore annoncé son programme, il est probable qu’il se réclamera du Centre, du libéralisme et de la laïcité, or cette vison du monde  coïncide avec celle d’une grande partie de l’électorat israélien, dont la classe moyenne. 

Le positionnement résolument laïc et sioniste de Yaïr Lapid est particulièrement intéressant, parce que si cet homme est emmené à jouer un jour un rôle important sur la scène politique, le renforcement de la laïcité en Israël pourrait être déterminant pour l’avenir du pays, non seulement au plan spirituel et socio-économique, mais aussi à celui du conflit israélo-palestinien. Electron libre, il est improbable que Yaïr Lapid se laisse intimider par les extrémistes de quel bord que ce soit. 

L’Etat Juif tel que le voyaient les fondateurs du sionisme  était essentiellement laïc. La laïcité était pour eux une synthèse entre l’humanisme et le judaïsme. Quant à la pratique religieuse, le mouvement sioniste des origines la considérait comme faisant partie du patrimoine culturel, mais pas comme une condition essentielle de la judéité. L’on assiste d’ailleurs en Israël au paradoxe qui fait que  beaucoup d’immigrants peuvent faire appel à la Loi du Retour en invoquant qu’ils sont juifs, bien qu’ils ne soient pas considérés comme tels du point de vue religieux.

La laïcité, en Israël comme ailleurs, pose que dans une démocratie les lois ne sauraient découler d’autre chose que de décisions humaines. Elle intègre et reconnaît certes le fait culturel de la Tora, pour autant que cela soit compatible avec la modernité. C’est le cas des fêtes juives, qui sont devenues des fêtes nationales, un peu comme les fêtes chrétiennes en France qui font partie du paysage culturel malgré la stricte laïcité de la République.

Il y a depuis trois siècles  de nombreux courants dans le judaïsme, or ce pluralisme constitue sa richesse. De nos jours la plupart des juifs en Israël ne sont pas pratiquants, mais leur judaïsme se manifeste néanmoins par l’attachement aux traditions, au calendrier juif, à la littérature et à la langue hébraïque, et à l’immense corpus littéraire associé à la Thora qui n’en finit pas de croitre. 

Les laïcs démontrent en Israël qu’il existe un judaïsme vivant mais dissocié de la pratique religieuse. Le siècle des Lumières a imprimé un tournant décisif au judaïsme, qui de  Spinoza à Levinas, en passant par Freud et Kafka, s’est autorisé une lecture renouvellée des sources juives. C’est sous ce signe qu’Israël est entré dans l’histoire contemporaine, mais sans renier son long passé. Par exemple, il est courant que les jugements émis par les tribunaux israéliens fassent référence dans leurs attendus à la fois à la loi anglo-saxonne  et au Talmud.

La religion, tout  comme l’art, est une affaire qui relève de l’imagination, et non de la raison. Cependant  il n’y a ni opposition ni incompatibilité entre l’imagination et la raison, parce qu’aucun cerveau humain ne saurait fonctionner sans la combinaison de l’une et de l’autre. Mais dès lors qu’il est établi que le sentiment religieux relève de l’imagination, il est impératif que chacun en conçoive les limites et la subjectivité.

En conséquence, seule la raison est susceptible de mettre les hommes d’accord autour d’un minimum de dénominateurs communs. Cependant la raison ne suffit pas pour forger un consensus. Il faut aussi une morale, or le Talmud dit explicitement que la morale précède la Thora, ce qui signifie que la morale est une condition préalable à la pratique religieuse, et non l’inverse.

La laïcité, c’est cela.

Newt Gingrich et l’invention du peuple palestinien

L’ex-président de la Chambre des représentants Newt Gingrich est l’un des favoris à l’investiture du parti républicain pour les prochaines élections présidentielles américaines. La politique intérieure fait l’objet de débats houleux sur fond de crise économique, mais la politique étrangère est parfois aussi un sujet qui fâche aux Etats-Unis. Lors d’une interview récemment accordée à une chaîne communautaire juive, Gingrich a qualifié les Palestiniens de peuple inventé. Cela n’a pas manqué de susciter la colère des leaders palestiniens et de leurs soutiens.

En réalité tous les peuples sont inventés, parce qu’il n’existe dans l’espèce humaine que des individus. Or chaque individu étant différent, rien ne lui confère une appartenance innée à telle ou telle civilisation, culture ou groupe humain quel qu’il soit. La marque d’un peuple relève d’un sentiment arbitraire, et ne saurait être déterminée par d’autres que ses propres membres.

La Palestine a toujours été habitée par des juifs, des arabes et d’autres ethnies qui considéraient qu’ils y avaient leurs racines. Il y a plus d’un siècle l’immigration juive s’est intensifiée sous la poussée du mouvement sioniste, tant et si bien que les juifs ont fini par réunir en 1948 tous les attributs d’un peuple apte à se constituer en nation indépendante. Ils l’ont donc fait, et auraient d’ailleurs pu le faire dix ans plus tôt sans l’opposition du monde arabe à l’idée même d’un Etat juif.

Quant au peuple palestinien tel qu’il s’identifie aujourd’hui, il n’a pris conscience de lui-même que suite à la Guerre des Six-Jours de 1967, après qu’une coalition arabe ait tenté de rayer Israël de la carte. Avant cela il y avait identité quasi-totale entre arabes de Cisjordanie et Gaza d’une part, et arabes de Jordanie d’autre part. Au fil du temps ces populations ont chacune développé une spécificité, et se confondent aujourd’hui moins que précédemment.

Les commentaires du candidat Gingrich peuvent être considérés comme provocateurs, mais en réalité ils sont l’effet de l’irritation grandissante de l’opinion américaine face à une déligitimation d’Israël qui s’exprime de manière de plus en plus ouverte à travers le monde. C’est une manière peu diplomatique et agacée de dire une vérité pourtant criante, mais Gingrich a pris les palestiniens au piège de leur propagande. En effet, si les palestiniens contestent le droit au peuple juif de vivre en Israël, ils s’exposent à leur tour à ce que l’on s’interroge sur la notion de peuple palestinien, dont on réalise bien vite que personne n’en avait entendu parler il n’y a pas si longtemps.

La conclusion que l’on peut tirer de l’exaspération de Gingrich, c’est qu’invention pour invention, une chose est établie: quel que soit l’angle sous lequel l’on envisage la chose, le peuple juif a sans aucun doute possible été inventé avant le peuple palestinien. On pourrait se demander dans ces conditions pourquoi l’Etat d’Israël envisage néanmoins la solution de deux Etats pour deux peuples, mais l’explication est simple: c’est qu’Israël aspire à la fin du conflit.

Les expatriés français et l’Assemblée Nationale de 2012

Léon-Maurice Nordman, grand résistant fusillé en 1942 par les nazis eut ce mot terrible eu égard au régime de Vichy: « Entre la France et les juifs, c’est une histoire d’amour qui a mal tourné ».Trois ans après la Libération l’Etat d’Israël voyait le jour, et les juifs qui avaient choisi d’en faire partie eurent à cœur de tourner la page et de promouvoir les liens entre l’Etat Juif et la France. Ils y parvinrent, et L’Histoire retient que lors de la Guerre des Six-jours, alors que le monde arabe s’apprêtait à rayer Israël de la carte, l’aviation israélienne gagna dès les premières heures la maîtrise du ciel à bord de chasseurs « Mirage » fournis par la France. Il semble par ailleurs que bien qu’Israël ne s’exprime pas à propos de la force de frappe qu’on lui prête, il est probable que le partenariat avec la France lui a ouvert à cette époque l’accès à la technologie nucléaire.

Secoué par la victoire d’Israël, de Gaulle décide après la Guerre des Six-jours d’imprimer un virage radical à sa diplomatie en lui donnant une orientation qui demeure jusqu’à nos jours ce qu’on appelle la politique arabe de la France. En gros, une realpolitik consistant à tourner le dos à Israël en échange de pétrole. En guise d’échappatoire et armé de sa seule mauvaise foi, De Gaulle stigmatise alors le peuple juif comme étant « sûr de lui-même et dominateur », comme si l’histoire bimillénaire de la Diaspora juive ne témoignait pas très précisément du contraire.

La France et Israël ont cependant continué à entretenir des relations normales, mais souvent troublées par une désinformation rampante. Peut-être les choses vont-elles changer maintenant à l’occasion des élections législatives de 2012, qui prévoient 11 nouvelles circonscriptions expressément créées à l’intention des français établis à l’étranger. Cette initiative est innovante parce qu’elle permettra aux électeurs non seulement d’exercer leur droit de vote, mais aussi d’élire des députés qui les représenteront en connaissance de cause, et seront à même de promouvoir les échanges entre ces terres d’adoption et la France.

La 8e circonscription comprend Chypre, la Grèce, Israël , l’Italie, Malte, Saint-Marin, le Saint-Siège et la Turquie. Environ la moitié de cet électorat réside en Israël. L’attachement des français à la culture et à la langue de leur patrie d’origine ainsi que les liens qu’ils entretiennent avec elle sont notoires. Même s’ils ne seront pas assez nombreux pour choisir le futur député, ce sont probablement les français d’Israël qui donneront le ton en ce qui concerne le futur député de la 8e circonscription à l’Assemblée Nationale.
Cinq candidats font déjà campagne. Les voici par ordre alphabétique:

Edward Amiach. C’est le candidat de l’UPJF, l’Union des Patrons Juifs de France, dont il fut le président. Il a effectué sa carrière dans la grande distribution.
Valérie Hoffenberg. Ancienne représentante de l’American Jewish Committee à Paris, elle est élue à Paris. C’est la candidate officielle de l’UMP.
Philippe Karsenty. Ancien financier, il est actuellement adjoint au maire (de centre droit) de Neuilly. Parallèlement à cette campagne électorale dans laquelle il se présente en indépendant «divers droite», il mène un combat médiatique et judiciaire dans l’affaire Al-Dura (Charles Enderlin-France 2).
Daphna Poznanski, qui habite en Israël depuis 31 ans, est la candidate officielle du Parti Socialiste. Elle est vice-présidente de l’Assemblée des Français de l’Etranger.
Gil Taïeb est membre du Consistoire de Paris ainsi que de nombreuses autres institutions communautaires juives françaises. Proche de la gauche française par sa femme qui est élue du Parti Socialiste à Paris, il est aussi soutenu en Israël par de nombreuses personnalités de la gauche israélienne.

Antisionisme et antisémitisme

Certains observateurs de la politique israélienne déclarent de bonne foi être antisionistes, tout en se défendant d’être antisémites. A ceux qui leur disent que l’antisionisme n’est qu’un antisémitisme recyclé, ils opposent qu’il est injustifié de taxer ainsi une opinion qui ne fait somme toute que récuser le sionisme en tant que projet politique. Ils estiment donc que l’antisionisme relève de la liberté d’expression.

Je ne suis pas du tout de cet avis.

Tout un chacun peut critiquer ou prendre ses distances avec Israël, mais il faut se garder de confondre l’antisionisme avec le droit de s’opposer à la politique israélienne.

Il s’agit de mesurer le poids des mots. Exprimer son opposition à Israël en se disant antisioniste est une dérive sémantique qui a de graves implications, parce que l’antisionisme est une transgression morale au même titre que l’antisémitisme, et devrait être proscrite.

Etre antisioniste, c’est désavouer le sionisme en tant que mouvement de libération nationale, remarquable entreprise humaine qui a débouché sur un Etat moderne dans une région qui n’avait pas été souveraine depuis des siècles et n’avait jamais connu de démocratie.

Etre antisioniste c’est contribuer à la déligitimation d’Israël et contester le droit du peuple juif à disposer de lui-même. C’est nier les implications d’une impressionnante série de dispositions juridiques relevant Droit International telles que la Déclaration Balfour, la Conférence de San Remo, la Commission Peel, la Résolution 181 et 242 de l’ONU, qui toutes ont concouru à ce que la Communauté Internationale reconnaisse de manière irrévocable le droit au peuple juif de vivre en Israël en paix dans des frontières sûres et reconnues.

Etre antisioniste ce n’est donc pas critiquer tel ou tel aspect de la politique israélienne, mais dénier à Israël le droit d’exister. C’est également s’associer à la dictature islamiste iranienne et à ses filiales terroristes installés aux frontières d’Israël, qui appellent sans ambiguïté à la destruction de ce qu’ils appellent l’Entité Sioniste.

La proclamation de l’Indépendance d’Israël en 1948 constitue l’aboutissement de la longue marche du peuple juif pour recouvrer son indépendance en tant que nation, mouvement dont les acteurs ont à chacune des étapes scrupuleusement veillé à s’assurer de la légitimité de leur démarche.

Les 400.000 juifs qui s’apprêtaient à créer l’Etat d’Israël avant même la Deuxième Guerre Mondiale étaient munis de passeports de Palestine frappés du sceau de la Couronne Britannique, tout comme les arabes. Les juifs qui n’étaient pas nés en Palestine y étaient venus avec des visas d’immigration en bonne et due forme, là aussi comme de nombreux arabes venus de pays limitrophes attirés par une prospérité relative.

Aux antisionistes qui estiment que l’Angleterre en tant que puissance coloniale avait disposé d’une terre qui n’était pas la sienne en permettant aux juifs de s’y établir, il faut suggérer de s’en prendre aux anglais, et pas aux juifs. Ceux-ci n’ont fait que proclamer un Etat Juif parfaitement légitime sur un sol qui leur appartenait.

L’antisionisme est un déguisement cousu de fil blanc.