Climat

A propos du réchauffement de la planète, ou du « dérèglement climatique » selon une formulation plus elliptique, moi aussi je préfère un environnement propre plutôt qu’un environnement sale, un air pur plutôt qu’un air pollué, etc…, mais il m’apparaît que certains courants écologiques ont pris une tournure religieuse, or quand la religion se mêle de science cela finit toujours mal. En URSS déjà il y avait une « bonne » et une « mauvaise » science.

Et comme par hasard une frange non-négligeable du mouvement écologiste international est antisémite  et proche de  l’extrême gauche (expression pléonastique). Sans oublier que ces gens qui trouvent qu’il faut respecter la planète ne respectent pas Israël, frayent avec ses pires ennemis et soutiennent le BDS.

Il appartient à la science le soin de déterminer, dans la mesure du possible, ce qui est susceptible d’arriver à notre planète et d’en discerner les causes, et laisser ensuite la politique sonder les cœurs. J’ai bien aimé cet aphorisme des « gilets jaunes » : « Les élites parlent de fin du monde quand nous parlons de fin du mois ».  Pour ma part en tous cas je ne suis pas disposé à sacrifier la moindre génération vivante au nom de générations qui ne le sont pas encore. Ce genre de raisonnement à fait couler suffisamment de sang pour qu’on s’en abstienne désormais.

Bertrand Cantat ou l’indécence d’un criminel

Dans le contexte juridique actuel le chanteur Bertrand Cantat a le droit d’exercer son métier, et il pourrait même trainer en justice quiconque tenterait de l’en empêcher. Mais d’un autre côté il s’agit d’un personnage public, or le public au sens large (les médias, les réseaux sociaux, etc.) a aussi des droits, notamment celui de manifester. Une des fonctions de la liberté d’expression est de susciter un débat visant à légiférer. C’est comme cela que l’avortement a été dépénalisé et que peut-être le sera aussi un jour la vente de cannabis.

L’argument en faveur du retour sur scène de Cantat est qu’ayant payé sa dette à la société il a le droit de travailler. Cependant il existe des cas où ce droit est limité. Par exemple, l’exercice de certaines professions est subordonné à la présentation d’un casier judiciaire vierge. Il existe donc bel et bien des cas où, bien qu’ayant purgé sa peine, un condamné ne peut plus exercer son métier une fois sorti de prison. Par ailleurs, certaines peines sont assorties de contraintes supplémentaires, comme par exemple des pédophiles ayant l’interdiction de pratiquer des activités au contact d’enfants, ou des politiciens frappés d’inéligibilité.

Dans le cas de Cantat il s’agirait pour la Justice de prendre en compte les traumatismes des proches qui souffrent d’être confrontés à la vie publique du criminel, comme par exemple quand il fait la une des magazines où quand il passe à la télévision. Nadine Trintignant, la mère de la victime, trouve que Cantat devrait raser les murs. Au législateur de traduire cela en droit, par exemple en incluant dans le code pénal une interdiction de vie publique pour une période déterminée.

Avigdor Feldman, avocat

Avigdor Feldman est un avocat considéré par ses pairs comme le meilleur pénaliste d’Israël. Au cours d’une interview avec la journaliste d’investigation Ilana Dayan il dépeint de manière saisissante la profession d’avocat telle qu’il l’a vécue au cours de sa longue carrière. Les extraits ci-dessous n’en constituent pas une traduction littérale, mais donnent néanmoins une idée de ce qu’il faut bien considérer comme une confession sans concessions :

« Le jeu pour l’avocat consiste à être dans le déni de ce qui pourrait être gênant pour le client, et à retenir de manière sélective ce que celui-ci lui dit. Personne ne dit la vérité dans le monde de la justice, pas plus les innocents que les coupables. L’avocat le sait et le juge le sait, tant et si bien que tout procès est une mystification.

Le mensonge que je défends n’est pas le mien : c’est celui du client. Je l’examine, je le défend, je le rend crédible et esthétique. Un mensonge doit être esthétique sinon il ne passe pas.

Il m’est arrivé plus d’une fois d’obtenir l’acquittement de gens coupables, de gens dangereux, de gens mauvais. Parfois cela m’angoisse et m’effraie, mais l’alternative serait de quitter cette profession. Je ne le fais pas parce que je suis paresseux, que j’ai peur et que je ne sais rien faire d’autre.

Je ne prends pas forcément des dossiers auxquels je crois. Je les prends par une espèce de gloutonnerie intellectuelle, là où je peux déployer mes talents. C’est un métier fait d’imposture et de tricherie envers soi-même et envers les autres.

Il est vrai qu’à de rares occasions il m’est arrivé d’aider des minorités, des gens en détresse, des gens traqués, des gens opprimés. Peut être est ce qui finalement m’a permis de continuer, mais c’est peu de chose comparé au reste. »

Pour une éthique antiterroriste

Suite au triple meurtre de Halamish où un Palestinien a massacré une famille au moyen d’un couteau de cuisine, il y a des voix qui s’élèvent pour appliquer la peine de mort. En principe celle-ci n’existe pas en Israël, sauf dans les territoires sous juridiction militaire. Mais cette subtilité ne pèse pas grand-chose par rapport à la jurisprudence, qui est que la seule peine capitale jamais pratiquée en Israël  fut celle d’Eichmann, dignitaire nazi coupable de génocide.

La peine de mort tout comme la torture ont été supprimés dans la plupart des démocraties. Une des raisons en est que ces peines entament la dignité de ceux qui les appliquent. Donner la mort ou torturer un être humain hors d’état de nuire est avilissant dans tous les cas de figure, même quand il s’agit des criminels les plus abjects.

Il y a cependant dans l’opinion publique occidentale un sentiment confus comme quoi les conventions internationales concernant les lois de la guerre sont obsolètes quand il s’agit de lutter contre le terrorisme. La raison en est simple : c’est qu’aucune organisation terroriste n’en est signataire. Ce n’est pas que ceux qui le sont en soient toujours respectueux, mais au moins sont-ce des Etats sur lesquels des pressions sont possibles.

Dans la lutte contre le terrorisme les moyens conventionnels sont inopérants. Restent les unités spéciales assistées par les services secrets qui ont des moyens qui ressemblent à ceux des terroristes eux-mêmes. Ce sont donc ces unités qui sont le mieux à même de confronter le terrorisme, mais encore faut-il leur en donner les moyens. Ceux-ci doivent être technologiques, financiers et matériels, mais pas seulement. Il faut aussi leur donner la justification morale, or cet aspect est plus délicat à formuler. C’est à cette tâche que les distingués juristes du monde libre devraient s’atteler.

Il s’agit, tout comme pour d’autres questions de société, non pas d’innover, mais de prendre acte de l’évolution de la réalité sur le terrain. Au cours d’une seule génération nous avons vu l’avortement, l’euthanasie et le mariage homosexuel  être légalisés alors qu’il n’y a pas si longtemps ces pratiques étaient considérées comme criminelles. Dans le même ordre d’idées il faudrait soutenir sans ambigüité les pratiques antiterroristes des unités spéciales et légitimer leur action au moyen d’un code spécifique avalisé par l’Etat.

C’est ainsi que dans le cas de capture d’un terroriste il faudrait que l’agent qui le neutralise soit seul juge du danger auquel il est exposé, et qu’il soit en droit de ne pas prendre le moindre de risque, aussi infime soit-il. Mais au-delà de ce principe qui ne relève que de la légitime défense bien comprise, il doit aussi disposer du droit d’anticiper la dangerosité future du terroriste.

Un terroriste pris en flagrant délit de meurtre qui afficherait sa détermination de continuer à la première occasion devrait pouvoir être éliminé par celui ou celle qui vient d’exposer sa vie pour le neutraliser. C’est peut-être déjà ce se passe parfois en pratique, mais il n’y a pas de raisons de laisser ces femmes et ces hommes seuls face à leur conscience alors qu’ils ont choisi de nous protéger au péril de leur vie. Il ne s’agit pas d’octroyer cette latitude à tout un chacun, mais bien à des unités formées pour cela. Cela consisterait d’une certaine manière à appliquer la notion de guerre préventive à la lutte contre le terrorisme.

On pourrait formuler cela de manière concise en disant non à la peine de mort, mais mort aux terroristes.

Socialisme et antisémitisme

Le Parti Travailliste britannique a récemment été secoué par la révélation que l’antisémitisme qui sévissait dans ses rangs était d’une ampleur insoupçonnée.

Une cinquante de militants ont été exclus pour leurs outrances anti-juives ou anti-israéliennes. Il est bien entendu tout à l’honneur du parti de s’être attaqué au mal, mais la question est de savoir s’il s’agit d’une dérive d’individus en mal de publicité, ou si la promotion de ce délire relève d’une ligne politique visant à ragaillardir une gauche déprimée.

Jeremy Corbyn, leader du Parti Travailliste, prétend être anti-sioniste et non pas antisémite, mais cette subtilité sémantique ne convainc pas grand-monde. Son amitié proclamée pour le Hezbollah ainsi que pour le Hamas, sa défense d’un vicaire banni par l’Eglise pour propagation de textes antisémites, le soutien à un négationniste notoire [1], l’invitation au Parlement d’un prédicateur islamiste [2]accusant les Juifs de fabriquer du pain azyme avec du sang d’enfants chrétiens, tout cela laisse peu de doutes sur les idées du socialiste Jeremy Corbyn.

Le Parti Travailliste britannique est travaillé en ce moment par un antisémitisme rabique. Naz Shah, députée, affirme que l’Etat d’Israël est comparable à l’Allemagne nazie, et que le Sionisme équivaut  à Al-Qaeda.

Ken Livingstone, ex-maire de Londres, nous apprend qu’Hitler était l’allié des Juifs. Khadim Hussain, maire de Bradford, propage la théorie comme quoi les Israéliens auraient créé Daesh pour forcer l’Occident à envahir le Moyen-Orient. Vicki Kirby, notable de Surrey, fait remarquer que « les Juifs ont de grands nez et massacrent les opprimés ».

Benazir Lasharie, conseillère municipale a Kensington, accuse Israël de financer l’Etat Islamique. Bob Campbell, militant de Middlesbrough, affiche sur Facebook l’image d’un rat affublé d’une étoile de David avec pour libellé « La Véritable Peste ».

Dave Rich, militant, fait circuler l’image d’un drapeau israélien frappé de la Swastika[3]. Gerry Downing, militant, se répand à propos de « la dérangeante question juive » et des sionistes qui dominent le monde. Aysegul Gurbuz, conseillère régionale, qualifie Hitler de « plus grand homme de l’Histoire ». Elle espère voir l’Iran «rayer Israël de la carte» et exprime son « dégoût » des « Juifs trop puissants ». Viki Kirbi, militante, appelle Hitler le « dieu des sionistes ».

Cette énumération n’est pas exhaustive mais donne une idée de ce qui se trame dans l’un des plus anciens, des plus prestigieux et des plus représentatifs des membres de l’Internationale Socialiste, organisation dont il n’est pas inutile de mentionner que le Fatah fait partie.

Mais qu’en est-il de la gauche en France ? L’extrême gauche n’a plus à faire ses preuves de ce point de vue-là parce que son instrumentalisation de l’antisémitisme comme procédé unificateur n’est pas un secret et a d’ailleurs démontré son efficacité en ralliant de nombreux islamistes animés par la seule haine des Juifs. Pierre-André Taguieff [4] note dans son ouvrage « Une France antijuive ? » que « dans les manifestations violentes dont l’orientation antijuive est avérée, on assiste au spectacle d’une collusion pratique entre islamistes de toutes obédiences et milieux d’extrême gauche comme le NPA, le Front de gauche, etc. ».

Concernant la gauche traditionnelle, Taguieff relève que des icônes de l’humanitarisme bien-pensante ont mis leur notoriété médiatique au service du national-islamisme du Hamas, sous couvert d’un « soutien à Gaza », c’est-à-dire à une dictature. Ces personnages publics se sont transformés dans les années 2000 en propagandistes anti-israéliens. Le plus célèbre d’entre eux, Stéphane Hessel, en est venu à hurler « Israël assassin ! » à Paris, début janvier 2009, au milieu d’une masse de manifestants pro-Hamas insultant et maudissant les Juifs et l’État juif, sans se sentir gêné d’un tel compagnonnage.

Edgar Morin[4], homme de gauche, philosophe et Juif honteux, admet dans son ouvrage « Autocritique » que le salut des Français lors de le Deuxième Guerre Mondiale lui semblait incompatible avec la survie des Juifs. Au cours de l’été 1940 il pensait que « mieux valait le salut de 40 millions de Français que celui de 500 000 Juifs. Il se disait « prêt a accepter l’immolation des Juifs si le salut des autres Français était à ce prix – si la fatalité de l’Histoire l’exigeait. »

La gauche, sociale-démocrate ou pas, extrême ou pas, pense peut-être que se servir de l’antisémitisme afin de galvaniser les masses populaires est un prix acceptable pour que triomphe le socialisme. Cette dérive de type staliniste semble toujours d’actualité pour cette mouvance pseudo-humaniste qui se cherche, mais qui ne se trouvant pas finit par lâcher les Juifs comme on lâche du lest d’un ballon en perdition pour retarder le moment où il va s’écraser.

[1] Ecrivain britannique, blogueur et activiste politique juif et antisémite.

[2] Raed Salah.

[3] Emblème nazi.

[4] Sociologue, politologue et historien français.

 

Michel Onfray et la crise des réfugiés

Confronté au déferlement actuel des réfugiés fuyant le monde arabo-musulman, il est du devoir du monde développé  de parer au plus pressé et de soulager cette misère dans la mesure du possible.

D’après le philosophe Michel Onfray ce serait l’Occident lui-même qui serait à la source de cette catastrophe. Il estime que les interventions en Afghanistan, au Moyen-Orient, en Lybie ou ailleurs ont déclenché une anarchie qui a fini par déstabiliser ces pays au point où leurs habitants cherchent à leur échapper par tous les moyens et en risquant leur vie. Cela soulève la question du droit d’ingérence, dont Onfray estime que c’est un  pseudo-droit, parce qu’il est à géométrie variable, et que quand des pays comme la France ou les Etats-Unis s’ingèrent, c’est qu’ils y ont intérêt, ce qui n’est sans doute pas faux.

Ceci dit l’on ne voit pas bien où est le mal si cela coïncide avec l’intérêt de populations  qui souffrent. Quand il y a 70 ans les Américains, les Canadiens, les Australiens, les Néo-Zélandais et d’autres jeunes venus du bout du monde ont débarqué en Europe pour  en chasser les Nazis, n’y avait-il pas d’intérêts matériels en jeu ? Etait-ce par humanisme pur ? Sans doute que non, mais il n’empêche que la cause était juste. D’ailleurs la défaite des Nazis n’a pas fait que des heureux: alors que l’Europe de l’Ouest a été libérée, l’Europe de l’Est est tombée sous la botte communiste.

Par ailleurs il y a une certaine condescendance à croire que tout est toujours la faute de l’Occident eu égard à son passé colonial. Les nations du tiers-monde ont leur logique à elles, leur histoire, leur politique et leurs aspirations. La vague islamiste qui balaie en ce moment la planète constitue une vraie pensée, aussi détestable soit-elle. C’est une vision du monde,  une spiritualité conquérante qui embrase les esprits jusqu’au sein même d’un Occident en déclin.

Onfray estime qu’au lieu de  mettre Saddam Hussein ou Kadhafi  hors d’état de nuire sans se soucier des conséquences, il aurait mieux valu laisser leurs peuples s’entretuer en paix.  Cela se peut, mais quand il laisse entendre que la tragédie  de ces  masses humaines actuellement en déroute sur les plaines d’Europe n’aurait pas eu lieu,  il se trompe.

En réalité ces centaines de milliers de réfugiés arabo-musulmans ou africains ne viennent que s’ajouter aux dizaines de millions qui y sont déjà. Il s’agit d’un mouvement de population dont la crise actuelle ne constitue qu’un pic. C’est ainsi que l’on peut s’attendre à ce que ce flux continuera aussi longtemps que les pays d’origine n’offriront aucune perspective d’avenir, autre que celle de mourir de faim ou de guerre.

Cette tragédie qui se déroule sous les yeux de nos télévision doivent rendre Israël plus attentif que jamais. Ce minuscule pays n’est qu’un ilot de stabilité au milieu d’un océan arabo-musulman pris dans un tsunami auto-destructeur.

Si l’Etat d’Israël n’avait pas été tout au long de son existence vigilant sur le plan éthique, stratégique, politique  et économique, s’il ne s’était pas  prémuni jour après jour des dangers qui le guettent, s’il n’avait pas veillé à étouffer dans l’œuf  les velléités  terroristes à  l’intérieur et à extérieur, alors les israéliens – tous les israéliens – juifs, arabes, chrétiens, druzes et  bédouins feraient aujourd’hui partie des masses en déshérence qui cherchent à échapper à la folie meurtrière qui s’est emparée de leurs pays d’origine, auxquels il semble inévitable que l’Occident finira tôt ou tard par devoir se  confronter, nonobstant  Onfray.

Dominique Strauss-Kahn ou la stature d’un président

On a abondamment relevé le courage d’Anne Sinclair depuis que Dominique Strauss-Kahn a été arrêté à New-York. Mais bien qu’elle ait eu beaucoup à endurer depuis le déclenchement de l’affaire, elle est ce qu’on appelle une victime collatérale. Au-delà de ses proches, celui qui est frappé le plus durement c’est bien entendu Dominique Strauss-Kahn lui-même.

Dans la mesure où il est innocent, son comportement a été déterminé et extraordinairement digne. A aucun moment il n’a craqué. A aucun moment il ne s’est écroulé. A aucun moment on n’a pu déceler dans son expression de la colère, de l’exaspération, du dépit ou du désespoir. Nous ne savons pas comment les choses se sont déroulées dans le bureau du procureur ou lors de son séjour en prison, mais nul doute que si à un moment où à un autre il s’était effondré, ou au contraire s’était emporté, on l’aurait su grâce aux médias à l’affut de tout ce qui pouvait faire des titres.

Et quand tout a basculé et que le procureur a libéré Dominique Strauss-Kahn sur parole, là aussi il a fait preuve d’une retenue remarquable. En sortant du Tribunal il s’est dirigé d’un pas mesuré vers la voiture qui l’attendait sans exhiber la moindre jubilation. C’était pourtant sur ce même trottoir que quelques semaines auparavant il avait été houspillé par une meute haineuse qui hurlait « honte sur vous » en lui souhaitant de croupir le restant de ces jours en prison. A peine a-t-il esquissé un sourire traduisant son soulagement, mais c’était un sourire paisible, un sourire qui avait l’air de s’adresser surtout à ses proches, qu’ils fussent présents ou lointains, comme pour leur redonner confiance et leur signaler qu’il allait bien.

Si Dominique Strauss-Kahn est blanchi d’ici peu, la question de sa candidature à la Présidence de la République va à nouveau se poser, même si lui-même pourrait souhaiter un répit avant de prendre sa décision. Ce qui apparait à l’évidence, c’est que ses éventuels électeurs auront eu l’occasion d’évaluer en direct la tenue de cet homme face à l’adversité. On peut ne pas être de son bord politique, mais dans la mesure où la fonction de Président requiert une trempe exceptionnelle et l’aptitude à garder son calme en toutes circonstances, Dominique Strauss-Kahn a démontré qu’il était à la hauteur à l’occasion de cette épreuve dont il se serait bien passé.

Quant à son profil d’homme à femmes, il craignait lui-même depuis longtemps qu’il ne le rattrape lors d’une éventuelle campagne électorale. Le destin a voulu qu’il soit rattrapé avant même qu’elle ne commence, or si les sondages montrent qu’il est encore un candidat apprécié il n’aura plus à craindre la bulle à ragots parce qu’elle se sera dégonflée avant la campagne.

Ne pas vouloir voter pour un homme dont on réprouve la sexualité est une chose, mais faire activement campagne contre lui sur base de son penchant sexuel est scandaleux. Il n’y a pas si longtemps, un candidat homosexuel à la mairie de Paris n’aurait eu aucune chance de se faire élire. Maintenant la plupart des électeurs ne font plus de lien entre l’orientation sexuelle et la compétence du Maire de leur ville, et c’est bien ainsi. Lors de l’affaire Monica Lewinsky, le Président Clinton a successivement nié et reconnu une aventure sexuelle extraconjugale à la face de l’Amérique toute entière, mais cette Amérique que l’on dit si puritaine ne l’a pas démis de ses fonctions et a même continué à lui vouer une popularité qui ne s’est pas démentie à ce jour. Peut-être que l’Histoire retiendra que l’affaire Dominique Strauss-Kahn aura imprimé un tournant décisif aux mœurs en montrant que les masses savent désormais que les compétences de leurs dirigeants ne se confondent pas avec la nature de leur sexualité.

Dominique Strauss-Kahn pourrait être lavé de tout soupçon sur base de la perte de crédibilité de son accusatrice suite à la série de mensonges dont elle s’est rendue coupable. Les médias spéculent beaucoup là-dessus, mais il est étonnant que l’on n’entende nulle part exprimer l’exigence que cette tragédie doive déboucher sur des aveux explicites, au moyen desquels l’accusatrice révèlerait sans ambiguïté avoir menti sur toute la ligne, et pas simplement sur ses comptes en banques. Ce serait la moindre des choses. Non pas seulement pour l’honneur de Dominique Strauss-Kahn, mais aussi pour celui de toutes les femmes du monde qui sont réellement violées tous les jours, auxquelles elle aura fait un tort incommensurable.